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Les débuts difficiles de la IIIe République

République parlementaire
Régime politique dans lequel le Parlement (composé de l'Assemblée nationale et du Sénat) détient une part importante du pouvoir. Le gouvernement est responsable devant le Parlement, ce qui signifie qu'il doit obtenir sa confiance pour gouverner et peut être renversé par lui.
Commune de Paris
Gouvernement insurrectionnel et révolutionnaire qui dirige Paris de mars à mai 1871. Elle est née du refus de la population parisienne d'accepter l'armistice avec l'Allemagne et la politique du gouvernement provisoire. Elle est écrasée dans le sang par les troupes versaillaises.
Monarchistes
Partisans du retour à la monarchie (royauté ou empire). Ils étaient majoritaires à l'Assemblée nationale élue en 1871, espérant restaurer un roi sur le trône de France.

🤝 Un contexte de guerre et de division (1870-1871)

La Troisième République est proclamée le 4 septembre 1870, en pleine guerre franco-prussienne, après la défaite de Sedan et la capture de Napoléon III. Ce n'est donc pas un régime né dans la sérénité. Paris est assiégée par les Prussiens, et la défense nationale est organisée par un gouvernement provisoire. En janvier 1871, l'armistice est signé, et des élections législatives sont organisées en toute hâte. Ces élections donnent une majorité écrasante aux monarchistes, favorables à la paix, face aux républicains, souvent partisans de la poursuite de la guerre. Adolphe Thiers est nommé chef du pouvoir exécutif. Cette majorité monarchiste et la signature de la paix avec l'Allemagne (qui implique la perte de l'Alsace-Moselle) provoquent une crise majeure à Paris.

🔥 La Commune de Paris : une insurrection sanglante (mars-mai 1871)

Le peuple de Paris, qui a subi un siège douloureux et se sent trahi par le gouvernement provisoire et l'Assemblée monarchiste installée à Versailles, se soulève. Le 18 mars 1871, une insurrection éclate : c'est le début de la Commune de Paris. Pendant deux mois, les Communards (révolutionnaires, socialistes, ouvriers) tentent de mettre en place une république sociale et démocratique, avec des mesures progressistes (séparation de l'Église et de l'État, instruction laïque, etc.). Mais le gouvernement d'Adolphe Thiers, basé à Versailles, n'accepte pas cette rébellion. Il envoie l'armée écraser l'insurrection. La « Semaine sanglante » (21-28 mai 1871) est d'une violence extrême : des milliers de Communards sont tués, emprisonnés ou déportés. Cet épisode laisse des traces profondes dans la mémoire collective et divise durablement la société française entre républicains modérés et républicains radicaux.

⏳ L'installation difficile de la République (1871-1879)

Malgré la victoire des monarchistes aux élections de 1871, la restauration de la monarchie échoue. Les monarchistes sont divisés entre légitimistes (partisans des Bourbons) et orléanistes (partisans de Louis-Philippe). Le « comte de Chambord », prétendant légitimiste au trône, refuse le drapeau tricolore, symbole de la Révolution, ce qui rend impossible un compromis. Pendant ce temps, les institutions républicaines se mettent en place progressivement. Les lois constitutionnelles de 1875 sont adoptées, organisant un régime parlementaire avec un Président de la République élu pour sept ans, une Chambre des députés élue au suffrage universel masculin et un Sénat. Le Président Mac Mahon, monarchiste convaincu, tente en 1877 de reprendre le contrôle du Parlement en dissolvant la Chambre des députés, mais les élections confirment la majorité républicaine. Sa démission en 1879 marque la victoire définitive des républicains et l'enracinement de la République.
Les premières années de la IIIe République sont donc marquées par une grande instabilité politique, des violences et des tensions idéologiques profondes. Le régime doit faire face à des défis majeurs : reconstruire le pays après la guerre, panser les plaies de la Commune, et surtout, s'imposer face à une majorité parlementaire hostile et des oppositions virulentes. C'est grâce à la modération de certains républicains et aux divisions des monarchistes que la République parvient finalement à s'établir durablement.

A retenir :

Résumé des notions clés :

  • Proclamation dans l'urgence : La IIIe République est proclamée le 4 septembre 1870, en pleine guerre franco-prussienne, après la défaite de Sedan.
  • Majorité monarchiste initiale : Les élections de 1871 donnent une majorité aux monarchistes, favorables à la paix, face aux républicains.
  • La Commune de Paris (1871) : Insurrection populaire violemment réprimée par le gouvernement d'Adolphe Thiers, laissant des traces profondes.
  • Échec de la restauration monarchique : Les divisions entre monarchistes (légitimistes et orléanistes) et le refus du comte de Chambord de certains symboles républicains empêchent le retour du roi.
  • Lois constitutionnelles de 1875 : Elles établissent un cadre républicain parlementaire (Président, Chambre des députés, Sénat).
  • Crise du 16 mai 1877 : Tentative du Président Mac Mahon de dissoudre la Chambre, mais la victoire républicaine aux élections confirme l'orientation républicaine du régime.
  • Enracinement de la République (1879) : La démission de Mac Mahon marque la fin des tentatives de retour à la monarchie et la consolidation du régime républicain.
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