Dès l'Antiquité, le monde grec ne se limite pas à la seule Grèce continentale. Il s'agit d'un ensemble de cités indépendantes, les polis, qui partagent une même langue, une même culture et une religion polythéiste. Ces cités sont souvent en rivalité mais se reconnaissent une identité commune, l'hellénisme. La mer Méditerranée joue un rôle central dans leur développement, servant de voie de communication, d'échanges et d'expansion.
Entre le VIIIe et le VIe siècle av. J.-C., les cités grecques connaissent une forte croissance démographique et des tensions sociales. Cela les pousse à une vaste colonisation. Des milliers de colons partent fonder de nouvelles cités sur les rives de la Méditerranée et de la mer Noire. Ces colonies sont indépendantes de leur cité d'origine (la métropole) mais conservent des liens culturels et religieux forts. On retrouve ainsi des cités grecques en Sicile (Syracuse), en Italie du Sud (Tarente, Naples), en Gaule (Marseille), en Espagne, en Afrique du Nord et sur les côtes de l'actuelle Turquie (Milet, Éphèse).
Chaque cité grecque est une entité politique autonome avec ses propres institutions. Si Athènes est célèbre pour sa démocratie (le pouvoir au peuple), de nombreuses autres cités connaissent des régimes politiques variés : oligarchies (pouvoir à un petit nombre), monarchies ou tyrannies. Les citoyens, généralement une minorité de la population (hommes libres et propriétaires), participent à la vie politique et militaire de la cité.
La vie quotidienne s'organise autour de l'agora (place publique), lieu de rassemblement politique, économique et social, et de l'acropole (ville haute), qui abrite les temples dédiés aux dieux protecteurs de la cité. L'économie est principalement agraire, mais le commerce maritime est essentiel, surtout pour les colonies qui exportent des produits agricoles (vin, huile d'olive) et importent des matières premières (métaux, céréales).
L'expansion grecque met les cités en contact avec de nombreux peuples non-grecs, qualifiés de barbares (ce terme ne signifie pas 'sauvage' mais 'qui ne parle pas grec'). Ces relations sont complexes, oscillant entre échanges commerciaux, influences culturelles et conflits. Les Grecs fondent souvent leurs colonies sur des territoires déjà habités, ce qui mène parfois à des affrontements.
Cependant, les échanges culturels sont aussi nombreux : les Grecs adoptent des techniques, des motifs artistiques ou des pratiques religieuses, tandis que leur culture se diffuse chez les populations locales. L'exemple le plus frappant de cette interaction se trouve en Grande Grèce (Italie du Sud et Sicile) où la présence grecque est très forte. Plus tard, les conquêtes d'Alexandre le Grand au IVe siècle av. J.-C. vont étendre l'influence grecque jusqu'en Inde, donnant naissance à la civilisation hellénistique, un mélange fécond de cultures grecques et orientales.