- Agir par les sentiments voudrait dire agir comme un appel à l'action
- Schopenhauer essaie de fonder la morale sur les sentiments : les actions sont en générale bonnes car elles sont fondées par la pitié.
Introduction aux termes
Définition
Devoir
Nécessité morale qui s'impose mais toujours possible de ne pas faire. On se soumet par compréhension intérieure que c'est bien.
Nécessité
Ce qui ne peut ne pas être, peut être logique (résultat nécessaire d'un raisonnement scientifique), ou physique (phénomène naturel qui ne peut que se produire, déterminisme)
Morale
Discipline normative, c'est-à-dire qui enseigne des normes et ce qui doit être, pas ce qui est. Elle n'indique pas non plus des actions spontanées : on se force pour bien agir selon elle.
Contrainte
Se soumettre car face à quelqu'un ou quelque chose qui nous menace
La morale peut-elle se fonder sur la sensibilité ?
SCHOPENHAUER (1788-1860)
Pitié
Compassion, empathie, je ressens la douleur de l'autre, les sentiments de l'autre, je me mets à sa place
- Avec cette pitié, on passe de l'égoïsme, à l'altruisme.
- On a donc besoin de cette nature sensible, de cette charité naturelle.
Charité
Quand on aime vraiment l'autre ; il a de la valeur, il est cher pour nous
ROUSSEAU
- L'homme sauvage (pré-civilisation) n'a que 2 sentiments : pitié et amour de soi
- Amour propre n'est pas similaire à amour de soi :
Amour de soi
Instinct de conservation
Amour propre
Sentiment de considération par rapport aux autres
- La pitié est naturellement en l'homme (homme bon au départ)
- MAIS ; c'est instinctif, donc pas d'obligation, ce qui ne constitue donc pas un devoir morale --> pas de morale à travers la pitié
- La pitié a été étouffée par la civilisation et pervertie par la vie sociale : la raison étouffe notre pitié naturelle, donc peut-on encore fonder la morale sur ces sentiments ?
- Rousseau envisage une conscience morale universelle ; voix du coeur, de Dieu en l'homme ?
- Ne faut-il pas chercher le fondement au delà de l'homme ?
Fondements théologiques
Les fondements théologiques de la morale dans le christianisme, l’islam et le judaïsme reposent sur la volonté divine, les devoirs religieux et les conséquences spirituelles des actions humaines.
- Christianisme :
- La morale chrétienne est fondée sur l’amour de Dieu et du prochain. Elle repose sur la révélation divine (Bible), notamment les Dix Commandements et l'enseignement du Christ. Elle valorise la grâce, la foi et la charité.
- Le bien est défini par la volonté de Dieu et la conformité au Christ.
- Islam :
- La morale islamique repose sur la soumission à Dieu (Allah) et l’obéissance à ses commandements révélés dans le Coran et la Sunna.
- Les actions sont évaluées selon leur conformité aux prescriptions divines, comme les cinq piliers de l’Islam et les principes du halal et haram.
- La justice, la piété et l’intention sont essentielles.
- Judaïsme :
- La morale juive est ancrée dans la Torah, notamment les 613 mitzvot (commandements) : repose sur l’alliance avec Dieu et la responsabilité individuelle et collective + la justice, la bienveillance et la réparation du monde sont des principes centraux.
KANT
- Pas besoin de la religion pour agir moralement
- Pluralité des religions : où est la vraie vérité ?
- Religion = phénomène social, culturel, historique (elle évolue)
- Peut-on alors fonder la morale sur la société ?
Fondements sociologiques
La thèse sociologique considère que la morale trouve son origine dans la société plutôt que dans une autorité divine.
- Durkheim (fondateur de la sociologie) voit la morale comme un produit de la société, où les normes et valeurs sont imposées aux individus par la conscience collective. Elle assure la cohésion sociale et évolue avec le temps.
- Freud, à travers le concept du surmoi, explique que la morale est intériorisée par l’éducation et les interdits sociaux transmis dès l’enfance. Le surmoi découle des pressions culturelles et parentales.
- Limites : Cette vision pose problème face à la diversité des cultures, où des valeurs opposées coexistent (ex. droits de l’homme vs traditions locales). De plus, certaines normes sont irrationnelles ou arbitraires, ce qui remet en question l’universalité de la morale.
- Peut-on fonder la morale sur la raison, alors ?
La morale fondée sur la raison ?
KANT
La morale selon Kant repose sur la raison et non sur Dieu ou la société.
- Bonne Volonté : L’unique fondement moral est une volonté guidée par le devoir et non par l’intérêt ou l’émotion.
- Impératif catégorique : Une action est morale si elle peut être érigée en loi universelle ("Agis uniquement d’après la maxime qui peut devenir une loi universelle").
- Intention morale : Ce n’est pas la conséquence d’un acte qui compte, mais l’intention de suivre le devoir.
- Autonomie et dignité : L’homme doit obéir à des principes qu’il se donne lui-même par la raison, respectant ainsi la dignité de tout être rationnel.
Kant défend donc une morale universelle et rationnelle, indépendante des croyances religieuses ou des coutumes sociales.
Critiques de KANT
- Impossibilité de connaître les intentions réelles : Kant insiste sur la « bonne volonté » et l’intention morale, mais en pratique, il est difficile, voire impossible, de juger les véritables motivations d’un individu.
- Rigidité et manque de prise en compte des conséquences : L’impératif catégorique ne permet pas toujours de gérer des dilemmes complexes. Par exemple, dire la vérité est un devoir, mais faut-il dire la vérité à un meurtrier cherchant sa victime ?
- Max Weber et la distinction entre morale de conviction et morale de responsabilité :
- Morale de conviction : Agir selon des principes absolus, indépendamment des conséquences (proche de Kant).
- Morale de responsabilité : Prendre en compte les effets réels de ses actions et adapter son comportement en fonction du contexte.
- Selon Machiavel, un dirigeant doit avant tout préserver le pouvoir et la stabilité de l’État, quitte à utiliser la ruse, la force ou la manipulation.
- Peut-on envisager une éthique sans devoir ?
La pensée de Nietzsche
- Critique de Kant et du devoir : Pour Nietzsche, la morale kantienne est une illusion oppressive qui nie la vie et la liberté individuelle en imposant des règles abstraites et contraignantes.
- Généalogie de la morale : Il analyse l’origine historique de la morale et distingue :
- Morale des esclaves (soumission, pitié, devoir, altruisme) imposée par les faibles et par le christianisme pour dominer psychologiquement les forts.
- Morale des maîtres (affirmation de soi, force, créativité), qui célèbre la vie et l’individualité.
- Critique du bien et du mal : Ces concepts ne sont pas absolus mais des constructions sociales servant à contrôler les individus.
- Nouvelle éthique : le dépassement de soi : Plutôt qu’obéir à des impératifs moraux, l’homme doit chercher à devenir pleinement lui-même (volonté de puissance), affirmer sa singularité et dépasser les normes imposées.
- MAIS en oubliant le bien/mal, risque inhumain car ce n'est pas égalitariste (Nietzsche est contre l'égalitarisme)
