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Le care, un formidable gisement d’emploi


I. L’AUTRICE ET LE CONTEXTE

  • Caroline Ibos : Sociologue, spécialiste des études de genre et de la sociologie politique du care.
  • Ouvrages principaux :
  • Qui gardera nos enfants (2012)
  • Vers une société du care (2019)
  • Le Care :
  • Activités de soin et soutien aux personnes dépendantes (enfants, personnes âgées, malades, handicapés).
  • Développement lié à l’évolution démographique, l’allongement de la vie, et l’urbanisation.
  • Secteur perçu comme un pilier économique, notamment dans les pays industrialisés.

II. LES RÉALITÉS SOCIALES DU CARE

1. Division sexuée et inégalités ethniques

  • Traditionnellement :
  • Les tâches de care incombaient aux femmes dans les familles (travail non rémunéré).
  • Aujourd'hui :
  • Développement du care rémunéré, souvent confié à des femmes racisées et/ou migrantes.
  • Chaînes globales de care : Travail de care délégué dans les pays riches, au détriment des pays d’origine des migrantes.

2. Le care comme “gisement d’emploi”

  • Perçu comme une solution économique aux besoins croissants de soin.
  • Limites :
  • Conditions de travail difficiles et dévalorisation des travailleuses.
  • Exemple : Femmes migrantes hautement qualifiées (ex. médecin, enseignante) occupant des emplois précaires (aides à domicile).

III. PRÉCARITÉ ET DÉQUALIFICATION

  • Déqualification systémique :
  • Non-reconnaissance des diplômes étrangers → Migration professionnelle vers des postes sous-qualifiés.
  • Ex. Diallo, médecin en Afrique de l’Ouest, devenue aide-soignante en France.
  • Précarité structurelle :
  • Horaires flexibles et irréguliers, emplois à temps partiel.
  • Peu de protections sociales, exploitation et isolement des travailleuses.
  • Difficulté d’accès à la justice pour les travailleuses à domicile.
  • Conséquences :
  • Perte d’estime de soi et invisibilisation des compétences.
  • Renforcement de l’idée erronée que le care ne demande pas de qualifications.

IV. RECONNAISSANCE ET REVALORISATION DU CARE

1. Défis actuels :

  • Dévalorisation des compétences et précarisation des travailleuses.
  • Marchandisation du care dans un contexte néolibéral → Fragmentation des relations de soin.
  • Exploitation genrée et racialisée des travailleuses.

2. Propositions :

  • Reconnaissance juridique et sociale :
  • Exemple de l’Uruguay : instauration d’un “droit au care” (2015).
  • Reconnaissance des diplômes étrangers et développement de passerelles professionnelles.
  • Amélioration des conditions de travail :
  • Salaires revalorisés, meilleures protections juridiques.
  • Formation professionnelle pour valoriser l’expertise technique et émotionnelle du care.
  • Initiatives collectives :
  • Modèles communautaires (ex. maisons des Babayagas en France, colocations intergénérationnelles).
  • Renforcement des syndicats et des mobilisations collectives.

V. CONCLUSION : UN IMPÉRATIF DE RECONNAISSANCE DU CARE

  • Contradiction centrale :
  • Le care répond aux besoins sociétaux, mais reste marqué par l’exploitation et les inégalités sociales.
  • Objectif :
  • Aller au-delà d’une logique comptable pour reconnaître la valeur relationnelle, émotionnelle et humaine du care.
  • Leçons internationales :
  • Inspirer des politiques plus égalitaires et inclusives (Uruguay, modèles européens).
  • Question fondamentale :
  • Comment construire une société valorisant pleinement le travail du care en le libérant des logiques d’exploitation ?

Enjeu clé : Assurer la dignité, le respect et la solidarité dans les relations de soin, tout en revalorisant ces métiers essentiels.