La Première République, proclamée en 1792, marque un tournant radical de la Révolution française, remplaçant la monarchie par un nouvel ordre politique. Cette période, de 1792 à 1794, est caractérisée par de profondes divisions internes, des menaces extérieures et la mise en œuvre de mesures extrêmes, désignées sous le nom de Terreur, qui ont profondément remodelé la nation.
Convention
Nouvelle assemblée élue en septembre 1792, qui proclame la République et exerce le pouvoir législatif et exécutif.
Girondins
Groupe politique modéré au sein de la Convention (septembre 1792 - juin 1793), attaché aux principes de 1789 et méfiant du peuple.
Montagnards
Groupe politique radical au sein de la Convention (juin 1793 - juillet 1794), siégeant en haut des tribunes, proche des sans-culottes.
Comité de salut public
Gouvernement d'exception créé par la Convention en 1793, dominé par Robespierre, chargé de prendre des mesures rapides face aux menaces.
Terreur
Période (1793-1794) de mesures radicales (levée en masse, loi des suspects, déchristianisation) mises en place par le Comité de salut public pour défendre la République.
Après la victoire de Valmy le 20 septembre 1792, la Première République est proclamée le 22 septembre 1792 par la Convention, une nouvelle assemblée élue. Ce nouveau régime politique, né en pleine guerre, est rapidement confronté à de profondes divisions internes.
La Convention est scindée entre factions politiques rivales. Les Girondins, représentant la droite modérée, dominent initialement (septembre 1792 - juin 1793), attachés aux principes de 1789 mais méfiants des mouvements populaires. Face à eux, les Montagnards, groupe plus radical de gauche, proches des sans-culottes, prendront le pouvoir. La Plaine, un groupe de députés modérés, s'allie tour à tour à l'une ou l'autre faction.
Le sort de Louis XVI est un point de discorde majeur. Après une enquête et un procès mené par la Convention, l'ancien roi est reconnu coupable de conspiration contre la liberté publique. Le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné publiquement sur la Place de la Révolution, un acte qui sidère les monarchies européennes et exacerbe les tensions internes.
Le paysage politique de la Première République
L'exécution de Louis XVI provoque une vive réaction en Europe, entraînant la formation d'une vaste coalition européenne (Autriche, Espagne, Angleterre, Prusse, Hollande, Piémont) contre la France. Simultanément, les menaces intérieures s'intensifient. En Vendée, des paysans se soulèvent contre la République, motivés par leur attachement au roi et au christianisme.
À Paris, les sans-culottes, mouvement populaire radical, exigent des mesures fortes pour défendre la République. Leur pression conduit à l'arrestation de 22 députés girondins le 22 juin 1793, transférant de fait le pouvoir aux Montagnards. Ce coup de force déclenche des insurrections fédéralistes dans de nombreux départements et villes fidèles aux Girondins, déstabilisant davantage la nation.
Face à ces dangers existentiels, la Convention, désormais dominée par les Montagnards, crée le Comité de salut public en 1793. Composé de 12 membres et dirigé par Maximilien Robespierre, ce gouvernement d'exception met en œuvre des mesures radicales connues sous le nom de Terreur.
La Terreur se traduit par la « levée en masse » pour recruter plus d'un million de soldats, la « loi des suspects » permettant l'arrestation de toute personne jugée ennemie ou suspecte de la République, menant à des procès expéditifs devant le Tribunal révolutionnaire (ex: Manon Roland). Une politique de déchristianisation est également menée, remplaçant le calendrier grégorien par un calendrier républicain et limitant l'influence de l'Église. Des prix maximum sont fixés pour les biens de première nécessité.
En 1794, l'armée française remporte des victoires sur tous les fronts, et le soulèvement vendéen est écrasé. Cependant, des divisions internes réapparaissent chez les Montagnards, entre « Indulgents » (comme Danton) prônant la fin de la Terreur et « Enragés » (comme Hébert) exigeant son intensification. Robespierre, cherchant à consolider son pouvoir, fait exécuter les deux factions, instaurant une dictature personnelle. Craignant pour leur vie, les autres députés de la Convention l'arrêtent et le guillotinent le 10 Thermidor an II (28 juillet 1794), marquant la fin de la Terreur et de la domination montagnarde.
A retenir :
- La Première République est proclamée le 22 septembre 1792 par la Convention.
- La Convention est divisée entre Girondins (modérés) et Montagnards (radicaux).
- L'exécution de Louis XVI le 21 janvier 1793 provoque la formation d'une coalition européenne.
- Des menaces intérieures surgissent avec le soulèvement vendéen et les insurrections fédéralistes suite à l'arrestation des Girondins.
- Le Comité de salut public, dominé par Robespierre, est mis en place et instaure la Terreur.
- La Terreur se caractérise par la levée en masse, la loi des suspects, la déchristianisation et le contrôle des prix.
- Les victoires militaires de 1794 et l'écrasement des révoltes ne mettent pas fin aux divisions internes des Montagnards.
- Robespierre est arrêté et guillotiné le 28 juillet 1794, marquant la fin de la Terreur et de son régime.
