La Première République française, proclamée en 1792, est une période clé de la Révolution. Elle est marquée par des changements politiques majeurs, l'adoption d'une nouvelle Constitution et la mise en place d'un gouvernement d'exception face aux menaces intérieures et extérieures.
Convention nationale
Assemblée élue en septembre 1792, chargée de rédiger une nouvelle Constitution et de gouverner la France après la chute de la monarchie.
Girondins
Groupe de députés modérés de la Convention, souvent issus des provinces, qui se méfiaient de l'influence de Paris et défendaient la liberté et le légalisme.
Montagnards
Groupe de députés plus radicaux de la Convention, soutenus par le peuple de Paris, favorables à des mesures d'exception pour défendre la République.
Gouvernement révolutionnaire
Régime d'exception mis en place par la Convention montagnarde en 1793 pour faire face aux périls qui menaçaient la République, notamment la guerre et les révoltes.
Terreur
Politique de répression et de mesures d'exception adoptée par le Gouvernement révolutionnaire de 1793 à 1794 pour éliminer les ennemis de la République.
I. L'avènement de la République et la Convention
Après la tentative de fuite de Louis XVI en 1791 et la déclaration de guerre à l'Autriche en 1792, la situation politique se tend. Le 10 août 1792, le peuple de Paris prend d'assaut le palais des Tuileries. Le roi est suspendu de ses fonctions et emprisonné. Cet événement marque la fin de la monarchie.
La prise des Tuileries, 10 août 1792
Une nouvelle assemblée, la Convention nationale, est élue au suffrage universel indirect. Elle a pour mission de rédiger une nouvelle Constitution et de gouverner le pays. Le 20 septembre 1792, la France remporte la bataille de Valmy. Le 21 septembre, la Convention abolit la monarchie. Le 22 septembre, elle décrète que les actes publics seront datés de l'an I de la République. Le 25 septembre, la République est proclamée « une et indivisible ».
La Convention est composée de plusieurs groupes de députés. Les Girondins, plus modérés, sont méfiants envers Paris. La Montagne, plus radicale, est soutenue par le peuple parisien. Au centre se trouve la Plaine (ou le Marais), un groupe moins homogène.
II. La Convention girondine et le sort de Louis XVI
La période de septembre 1792 à juin 1793 est dominée par les Girondins. C'est durant cette phase que se déroule le procès de Louis XVI. Accusé de trahison envers la nation, il est jugé par la Convention. Le 21 janvier 1793, Louis XVI est condamné à mort et exécuté.
L'exécution de Louis XVI, 21 janvier 1793
L'exécution du roi provoque la formation d'une vaste coalition européenne contre la France en février 1793. Les armées françaises reculent. À l'intérieur, les Girondins sont de plus en plus critiqués pour leur incapacité à faire face aux menaces. Ils sont accusés de royalisme et de fédéralisme. Le 2 juin 1793, sous la pression du peuple de Paris, 29 députés girondins sont arrêtés. C'est le début de la Convention montagnarde.
III. La Convention montagnarde et la Terreur
La Convention montagnarde (juin 1793 - juillet 1794) fait face à de graves dangers. À l'extérieur, la guerre continue contre la coalition européenne. À l'intérieur, une guerre civile éclate avec les Guerres de Vendée (mars 1793), où des contre-révolutionnaires se battent pour rétablir la monarchie. Des révoltes fédéralistes éclatent aussi dans plusieurs villes en soutien aux Girondins.
Dans ce contexte de crise, la Convention montagnarde adopte une nouvelle Constitution le 24 juin 1793 (Constitution de l'an I). Elle est très démocratique, affirmant la souveraineté populaire, des droits sociaux (droit au travail, à l'instruction) et le droit à l'insurrection. Cependant, elle ne sera jamais appliquée. La Convention décide de suspendre son application pour mettre en place un Gouvernement révolutionnaire provisoire.
Le décret du 10 octobre 1793 déclare que le gouvernement de la France est « révolutionnaire jusqu'à la paix ». Le pouvoir est concentré entre les mains de la Convention et surtout du Comité de Salut Public, dirigé par Robespierre. Ce comité est chargé de surveiller l'administration, les ministres et les généraux. Il incarne un pouvoir exécutif très puissant.
La politique menée par ce gouvernement est celle de la Terreur, mise à l'ordre du jour le 5 septembre 1793. L'objectif est de sauver la République en éliminant ses ennemis. Des mesures expéditives sont prises : une justice révolutionnaire est mise en place avec le Tribunal révolutionnaire de Paris. La loi des suspects (17 septembre 1793) permet d'incarcérer immédiatement les ennemis de la République. Le droit à la défense est supprimé en juin 1794 et la seule peine prévue est la mort.
La Grande Terreur, 1794
Le gouvernement révolutionnaire mène aussi une politique de déchristianisation (calendrier républicain, culte de l'Être suprême). Cette politique extrême finit par susciter des critiques, même au sein des Montagnards. Robespierre, qui a instauré une véritable dictature, est arrêté et exécuté le 28 juillet 1794 (9 Thermidor an II), marquant la fin de la Terreur.
A retenir :
- La Première République est proclamée en septembre 1792 après la chute de la monarchie.
- La Convention nationale, élue au suffrage universel, est chargée de gouverner et de rédiger une nouvelle Constitution.
- Louis XVI est jugé et exécuté le 21 janvier 1793, ce qui renforce les menaces extérieures.
- La Convention girondine est renversée en juin 1793 par les Montagnards, face aux périls de guerre civile (Vendée) et extérieure.
- La Constitution de l'an I (1793), très démocratique, n'est jamais appliquée.
- Le Gouvernement révolutionnaire est mis en place, dominé par le Comité de Salut Public et Robespierre.
- La politique de la Terreur vise à défendre la République par des mesures d'exception et une justice expéditive.
- Robespierre est exécuté en juillet 1794, mettant fin à la Terreur.
