Après plus d'une décennie de guerres quasi-ininterrompues qui ont remodelé l'Europe, l'Empire de Napoléon Ier commence à montrer des signes de faiblesse à partir de 1812. L'échec catastrophique de la campagne de Russie marque le début du déclin. L'armée française, décimée par le froid et les combats, perd l'essentiel de ses forces vives. Cette défaite encourage les puissances européennes coalisées – Royaume-Uni, Russie, Prusse, Autriche – à reprendre l'offensive.
En 1813, la « Bataille des Nations » à Leipzig est une défaite décisive pour Napoléon. La France est envahie en 1814, et Paris tombe. Contraint à l'abdication le 6 avril 1814, Napoléon est exilé sur l'île d'Elbe. La monarchie est restaurée en France avec Louis XVIII (frère de Louis XVI), marquant la Première Restauration.
Cependant, Napoléon parvient à s'échapper d'Elbe en mars 1815 et à reprendre le pouvoir pour une période connue sous le nom des Cent-Jours. Cette dernière tentative pour rétablir son Empire se solde par la défaite finale de Waterloo le 18 juin 1815 face aux armées anglaise (Wellington) et prussienne (Blücher). Définitivement vaincu, il est exilé à Sainte-Hélène, où il meurt en 1821.
Convoqué dès la première abdication de Napoléon, le Congrès de Vienne est une réunion sans précédent des têtes couronnées et des diplomates européens, cherchant à restaurer l'ordre après les bouleversements révolutionnaires et impériaux. Les figures clés sont le prince autrichien Metternich, le tsar Alexandre Ier de Russie, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III, le ministre britannique Castlereagh, et, de manière surprenante, le représentant de la France vaincue, Talleyrand.
Talleyrand, par son habileté diplomatique, réussit à faire admettre la France comme partenaire à part entière du Congrès, plutôt que comme simple vaincue. Il s'appuie sur le principe de légitimité pour défendre les intérêts de la France et restaurer la monarchie des Bourbons, ralliant ainsi une partie des puissances conservatrices.
Les objectifs principaux du Congrès sont :
- La restauration des monarchies légitimes : Les dynasties renversées par la Révolution et l'Empire sont remises sur leurs trônes (Bourbons en France, Espagne, Naples).
- L'établissement d'un nouvel équilibre des puissances : L'Europe est redécoupée pour éviter qu'une seule puissance ne domine le continent, comme l'avait fait la France napoléonienne. Des 'États tampons' sont créés aux frontières de la France (Royaume des Pays-Bas, renforcement de la Prusse en Rhénanie).
- La compensation territoriale : Les vainqueurs se partagent les territoires laissés vacants par l'effondrement de l'Empire. La Russie obtient une grande partie de la Pologne, la Prusse s'agrandit en Saxe et sur le Rhin, l'Autriche récupère des territoires en Italie et en Adriatique. Le Royaume-Uni confirme sa puissance maritime et coloniale.
Pour garantir la stabilité de ce nouvel ordre européen, plusieurs alliances sont formées :
- La Quadruple Alliance (novembre 1815) : Composée du Royaume-Uni, de l'Autriche, de la Prusse et de la Russie, elle vise à surveiller la France et à maintenir les dispositions territoriales et politiques établies à Vienne. Elle est le bras armé du nouvel ordre.
- La Sainte-Alliance (septembre 1815) : Initiée par le tsar Alexandre Ier et signée par l'Autriche et la Prusse (le Royaume-Uni refuse d'y adhérer), cette alliance, plus mystique, se veut un pacte chrétien pour la paix et la défense des monarchies légitimes face aux idées libérales et nationales. Elle justifie les interventions militaires contre les mouvements révolutionnaires.
L'ordre de Vienne, parfois appelé système Metternich, parvient à assurer une période de paix relative en Europe jusqu'aux révolutions de 1848. Cependant, il ne tient pas compte des aspirations nationales des peuples (Allemands, Italiens, Polonais, Belges...) qui sont regroupés ou divisés arbitrairement, semant les graines de futurs conflits.