Après la prise de la Bastille en 1789 et l'abolition des privilèges, la France tente d'établir un nouveau régime : la monarchie constitutionnelle. Le roi Louis XVI conserve sa place mais ses pouvoirs sont désormais définis et limités par une Constitution. Ce régime est mis en place avec l'adoption de la Constitution de 1791, qui instaure une séparation des pouvoirs : le roi détient le pouvoir exécutif, et une Assemblée législative (élue au suffrage censitaire, c'est-à-dire par les citoyens les plus riches) détient le pouvoir législatif. Ce système est perçu par beaucoup comme une conciliation entre l'héritage monarchique et les aspirations révolutionnaires.
Cependant, la monarchie constitutionnelle est rapidement fragilisée par plusieurs facteurs. Louis XVI a une attitude ambiguë : il accepte les réformes tout en cherchant secrètement à restaurer son pouvoir absolu. Sa tentative de fuite à Varennes en juin 1791 est un événement majeur. Intercepté, il perd une grande partie de sa crédibilité et la confiance du peuple. Cette fuite est perçue comme une trahison et radicalise une partie des révolutionnaires, qui commencent à envisager d'autres formes de gouvernement.
Dès 1791, les monarchies européennes s'inquiètent de la Révolution française et craignent une contagion révolutionnaire. L'Autriche et la Prusse, notamment, affichent leur soutien à Louis XVI. En avril 1792, la France déclare la guerre à l'Autriche et à la Prusse. Cette guerre a des conséquences majeures : elle unit les patriotes contre l'ennemi extérieur mais pousse également à une radicalisation intérieure. La patrie est déclarée « en danger », et des volontaires, appelés Fédérés, affluent à Paris. Le chant des Fédérés de Marseille deviendra
Le 10 août 1792 marque un tournant décisif. Face aux menaces extérieures et à la méfiance grandissante envers le roi, les sections parisiennes (assemblées de citoyens) et les Fédérés prennent d'assaut le palais des Tuileries, où réside la famille royale. C'est la fin de la monarchie constitutionnelle. L'Assemblée législative, sous la pression populaire, suspend Louis XVI de ses fonctions et décide de convoquer une nouvelle assemblée élue au suffrage universel masculin : la Convention nationale. Cette assemblée aura pour mission de rédiger une nouvelle Constitution et de décider du sort du roi.
Dans la foulée, le 20 septembre 1792, l'armée française remporte une victoire symbolique mais cruciale à Valmy contre les armées prussiennes et autrichiennes. Le lendemain, le 21 septembre 1792, la Convention nationale proclame l'abolition de la royauté et l'instauration de la Première République française. C'est un événement majeur dans l'histoire de France, marquant le passage d'un régime monarchique millénaire à un régime républicain fondé sur la souveraineté du peuple.
L'instauration de la République ouvre une nouvelle ère pour la France. Elle soulève des questions fondamentales sur la nature du nouveau régime, la place du peuple dans la vie politique et l'avenir des institutions. Le procès et l'exécution de Louis XVI en janvier 1793 symboliseront la rupture définitive avec l'Ancien Régime et l'affirmation de la souveraineté nationale. Cependant, cette période est aussi marquée par une instabilité politique et des divisions profondes, qui mèneront à la Terreur.