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Post-Bac
2

L'enfance - Rousseau

Français

Définition

Livre I
« On se plaint de l’état de l’enfance ; on ne voit pas que la race humaine eût péri, si l’homme n’eût commencé par être enfant. »
Livre II
« Aimez l’enfance ; favorisez ses jeux, ses plaisirs, son aimable instinct. Qui de vous n’a pas regretté quelquefois cet âge où le rire est toujours sur les lèvres, et où l’âme est toujours en paix ? »
« L’homme sage sait rester à sa place ; mais l’enfant, qui ne connaît pas la sienne, ne saurait s’y maintenir. »
“L'essentiel est d'être ce que nous fit la nature ; on n'est toujours que trop ce que les hommes veulent que l'on soit.” “Tout est bien sortant des mains de l'Auteur des choses, tout dégénère entre les mains de l'homme.”
“On a longtemps cherché s'il y avait une langue naturelle et commune à tous les hommes ; sans doute, il y en a une ; et c'est celle que les enfants parlent avant de savoir parler.”

Livre II : Emile a environ 2 ans et commence à manier le langage. Un peu moins dépendant, il commence aussi à prendre conscience de lui-même comme d’un individu « capable de bonheur ou de misère ».

À ce stade, l’enfant se sent exister. Le but de l’éducation n’est autre que de le laisser jouir de son existence.

Rousseau en appelle à l’humanité de ceux qui gouvernent les enfants. Ce devoir moral est valable y compris envers ceux qui ne sont pas encore des hommes : Il faut reconnaître la spécificité de l'enfant.

En renvoyant les adultes à leurs propres souvenirs d’enfance, Rousseau dresse un portrait idyllique de cet « âge de gaieté » où tout n’est que jeux, rires, innocence et paix et qu’on quitte à regret : Les enfants ne sont alors que sensations.

Concernant les châtiments, éducation trop sévère : Comment peut-on prétendre que cette éducation barbare est pour leur bien futur, alors que leur seul bien réside dans le fait de sentir pleinement leur existence au présent ?

Son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1755) prolonge sa démonstration en faisant état de la dégénérescence des hommes depuis un hypothétique état de nature. La vie en société a déformé de manière irréversible et pernicieuse l’homme, naturellement bon, en exaltant l’amour-propre (?amour de soi).

L’enfant doit expérimenter au long d’une authentique éducation pour rejoindre la société et devenir un citoyen capable d’adhérer au contrat social. Pour se faire, il doit être préservé de l’influence des adultes et se confronter à la raison et aux objets de manière pratique, quoi qu’il en coûte, comme l’élève dont Rousseau rapporte l’apprentissage de la géométrie à travers les gaufres qu’il mange (livre II).

Il faut reconnaître à l’enfance son aimable instinct et ne pas le contraindre, mais l’éduquer. L’enfance doit être reconnue pour ce qu’elle est. Cela ne veut toutefois pas dire ne pas l’amener à progresser. Il faut accéder à l’âge de raison.

L’enfance ne se réduit pas à un enfermement définitif dans l’animisme. Les capacités de liaison de l’enfant, une fois dégagées de ce dernier, doivent lui permettre d’accéder à la réalité (cf. Ruth Benedict - Encyclopédie des sciences sociales).

« En naissant, un enfant crie ; sa première enfance se passe à pleurer. » L’enfant commence par être démuni, sans accès au monde dans lequel il est encore dans une relation fusionnelle à la mère. Il n’accède à rien, imagine que tout est un prolongement de lui-même. Ce n’est que dans un second temps que l’enfant devient infans, où il n’est plus nourrisson, mais ne sait encore parler.


La philosophie de Rousseau se heurte néanmoins à la difficulté d’une tradition pédagogique qui fait de l’enfant un "adulte en miniature". L’idée de Rousseau reconnaît la nécessité de l’éducation, mais demande de reconsidérer ce qu’elle doit être :

« Qui vous dit que tout cet arrangement est à votre disposition, et que toutes ces belles instructions [...] ne lui seront pas un jour plus pernicieuses qu’utiles ? » Il ironise sur les « belles instructions » avantageuses pour la société de l’adulte, mais non pour l’enfant. La relation établie par l’enfant au monde risque de le briser : à trop obéir aux règles imposées, il perd sa nature et manque le vrai rapport au savoir.