Ruth Benedict, Article « Animisme » de l’Encyclopédie des sciences sociales
Confusion entre relations aux humains et relations aux objets.
Amour de ce qui est plaisant et rejet du déplaisant. Pour Benedict, l’enfant se définit par un comportement animiste qui prête vie et esprit aux objets : relations sentimentales avec les objets comme avec les humains, fusion de l'imaginaire au réel : l’enfant agit dans un monde inanimé avec des relations propres aux êtres animés. Ce principe forme la personnalité au sein de la culture.
L’enfance se définit par sa propre perception du monde ; une perception tout animiste, mais qui tend à reconnaître des objets malgré une confusion entre le réel et l’imaginaire.
Ruth Benedict fait de l’enfance le lieu de l’origine de toute relation au monde. Le modèle proposé repose sur l’animisme, doctrine qui prête les qualités du vivant aux objets inanimés. L’enfant se trouve alors réduit au monde des sentiments et semble exclu de la raison. Cela conforte la définition étymologique d’infans. Néanmoins, ne peut-il accéder lui aussi à la raison ? Recourir à la raison permet d’éduquer l’enfant et de le sortir de ce premier état d’animisme. Pour cela, l’éducation offre un outil efficace pour le libérer, à commencer par un travail authentique sur l’imaginaire. Cela ne signifie pas sa disparition, mais son utilisation dans le cadre de la réalité.