La psychologie clinique est une discipline qui étudie le fonctionnement psychique humain. Son nom vient du grec "klinikos" et du latin "clinicus", signifiant "auprès du chevet du patient malade". Elle se concentre sur l'observation et l'analyse des cas individuels, qu'ils soient normaux ou pathologiques, et vise à comprendre la souffrance mentale pour proposer des prises en charge adaptées.
Diagnostic
Démarche qui permet de déterminer un trouble à partir des symptômes d'un patient, afin de proposer un traitement adapté.
Symptôme
Signe d'une maladie, manifestation observable d'un trouble et de son évolution.
Hypnose
Technique thérapeutique visant à soigner, mais aussi un état d'inconscience ou de transe, souvent provoqué par la suggestion.
Hystérie
Anciennement considérée comme une névrose de l'encéphale, se manifestant par des perturbations des actes vitaux et des sensations affectives. Son origine était souvent attribuée à des conflits psychiques inconscients.
Inconscient
Partie du psychisme contenant des éléments refoulés et inaccessibles directement à la conscience, influençant les pensées et les comportements.
Les origines de la psychologie clinique 
L'histoire de la psychologie clinique est liée à la médecine, la psychiatrie, la philosophie et la psychanalyse. Dès le XVIIIe siècle, des figures comme Johan Joseph Gassner, un prêtre exorciste, et Franz Anton Mesmer, médecin, ont exploré des méthodes pour traiter les troubles mentaux. Mesmer a développé la théorie du "magnétisme animal", pensant que des fluides invisibles pouvaient influencer la santé et qu'il fallait rétablir leur équilibre, notamment via le "baquet" et la musique pour induire des transes.
L'hypnose et l'étude de l'hystérie 
Au XIXe siècle, l'hypnose gagne en intérêt. James Braid et Charles Lafontaine découvrent en 1841 qu'un état de transe peut être provoqué en fixant un objet brillant. En France, le médecin Auguste Ambroise Liébault utilise l'hypnose pour soigner ses patients dès 1860. C'est à cette époque que le neurologue Jean-Martin Charcot (1825-1893) s'intéresse à l'hypnose pour traiter l'hystérie à l'hôpital de la Salpêtrière. Il décrit l'hystérie comme une "névrose de l'encéphale" et identifie quatre phases dans les crises hystériques (prodromes, clownisme, extase, états délirants). Il sera découvert plus tard que ces phases étaient souvent induites par la suggestion.
Sigmund Freud et la naissance de la psychanalyse 
À la fin du XIXe siècle, Sigmund Freud (1856-1939), neurologue autrichien, fonde la psychanalyse. Il développe ses théories en s'appuyant sur ses observations de l'hystérie, notamment avec Joseph Breuer, et sur l'interprétation des rêves. Freud postule l'existence d'un inconscient, une partie de notre psychisme qui contient des désirs et des conflits cachés, et qui influence nos comportements, nos rêves et nos lapsus. Pour lui, les troubles psychiques proviennent de conflits inconscients et de "refoulement" (mécanisme de défense qui écarte de la conscience des pensées ou souvenirs douloureux). La psychanalyse vise à rendre conscients ces éléments refoulés par des méthodes comme l'association libre (dire tout ce qui vient à l'esprit) et l'analyse des rêves, afin de libérer le patient de sa souffrance (catharsis).
Les fondateurs de la psychologie clinique moderne 
Au XXe siècle, la psychologie clinique se structure grâce à des figures majeures en France :
- Pierre Janet (1859-1947), philosophe, psychologue et médecin, a étudié le "subconscient" et l'"automatisme psychologique". Il a insisté sur l'importance de l'écoute, de l'étude de cas et de l'observation pour comprendre la personne dans sa singularité.
- Daniel Lagache (1903-1972), philosophe, médecin, psychiatre et psychanalyste, a défini un programme pour la psychologie clinique, en mettant l'accent sur l'étude de la conduite humaine, la recherche du sens et l'influence sociale et l'"encrage social" sur l'individu.
- Juliette Favez-Boutonnier (1903-1994), professeure de psychologie, a distingué la psychologie clinique de l'expérimentale. Elle la définit comme "l'étude de la personnalité singulière dans la totalité de sa situation et de son évolution", soulignant le mouvement et la capacité d'adaptation de l'individu.
Les grands courants en psychologie clinique 
En plus du courant psychodynamique initié par Freud, d'autres approches se sont développées :
- Le courant cognitif et comportemental: Il vise à développer des modèles pour expliquer les troubles mentaux et se base sur la méthodologie expérimentale. Il étudie comment les pensées (cognitions) et les comportements sont appris et peuvent être modifiés. Des figures comme John Watson et B.F. Skinner ont contribué à cette approche en étudiant le conditionnement et l'apprentissage.
- L'apprentissage social: Développé par Albert Bandura, il montre que les comportements peuvent être appris par l'observation et l'imitation de modèles.
A retenir :
En résumé :
- La psychologie clinique a des racines anciennes, explorant les troubles mentaux bien avant sa formalisation.
- L'hypnose, promue par Mesmer puis étudiée par Charcot, a été une étape clé dans la compréhension des phénomènes psychiques comme l'hystérie.
- Sigmund Freud a révolutionné la discipline en fondant la psychanalyse, introduisant les concepts d'inconscient, de refoulement et de catharsis.
- Des figures comme Pierre Janet, Daniel Lagache et Juliette Favez-Boutonnier ont structuré la psychologie clinique moderne en France, en insistant sur l'étude de l'individu dans sa globalité et son évolution.
- Aujourd'hui, la psychologie clinique s'appuie sur divers courants, dont le psychodynamique, le cognitif et comportemental, pour comprendre et traiter la souffrance psychique.
