Depuis la fin de la Première guerre mondiale et l’éclatement de l’Empire Ottoman, le Moyen-Orient a été marqué par des conflits qui ont eu une influence importante à l’échelle mondiale. Cet objet de travail conclusif s’attache ainsi à dégager les motifs et les formes de conflictualité à travers deux exemples. Analysons maintenant les deux guerres du Golfe (1991 et 2003) et leurs prolongements.
Quels facteurs font de la région un foyer particulier de conflits et comment agissent-ils ? Pourquoi ces conflits ont-ils dans le monde une telle résonnance, tant par leurs conséquences directes que par leur retentissement ?
Le pays est marqué par une diversité ethnique et culturelle importante.
chiisme
Le chiisme est une branche de l'islam qui reconnaît Ali, le cousin et gendre du Prophète Muhammad, comme son premier calife légitime. Les chiites représentent environ 10 à 15% de la communauté musulmane dans le monde.
sunnisme
Le sunnisme est une branche de l'islam qui reconnaît comme autorité suprême les califes successifs de la dynastie omeyyade, puis abbasside.
Kurdes
Les Kurdes sont un groupe ethnique originaire du Kurdistan, une région située entre la Turquie, l'Iran, l'Irak et la Syrie. Ils constituent la plus grande minorité du Moyen-Orient et sont répartis principalement entre la Turquie, l'Iran, l'Irak et la Syrie. Les Kurdes ont une langue et une culture distinctes,
L’Irak est un État récent, indépendant depuis 1932, et construit sur une portion de l’ancien Empire ottoman, passée sous contrôle britannique après la Première guerre mondiale. En 1958, un coup d’état renverse cette monarchie et met en place une République. Peu après, le Koweït* – lui aussi sous protectorat britannique – devient indépendant en 1961. Les revendications de l’Irak sur le Koweït naissent mais sont immédiatement contrecarrées par les Britanniques qui viennent d’accorder l’indépendance du Koweït.
En 1968, un nouveau coup d’État a lieu en Irak. Il est mené par le parti Baas d’Ahmed Hassan al-Bakr et de Saddam Hussein. Le premier devient président de la République d’Irak, le second vice-président puis président de l’Irak en 1979. L’Irak devient une République à parti unique.
Pour comprendre ces guerres du Golfe, il faut avoir en tête que :
- Saddam Hussein est un président sunnite. Il est donc un sunnite à la tête d’une population majoritairement chiite.
- En 1979, la monarchie iranienne pro-américaine est renversée et le clergé chiite fonde la République islamique d’Iran. Craignant que l’Iran chiite ne soutiennent les chiites d’Irak contre lui et considérant l’Iran comme faible, Saddam Hussein engage une guerre contre son voisin. Le cessez-le-feu en 1988 laisse un Irak endetté et très militarisé.
Les raisons du conflit
L’Irak sort affaibli de son conflit avec l’Iran. Très militarisé, endetté auprès de ses voisins, mais fort du soutien de l’URSS et des Occidentaux, l’Irak envahit le Koweït le 2 août 1990, puis proclame son annexion
Les raisons sont plurielles :
- L’Irak revendique ce territoire depuis sa création en 1961.
- L’Irak ne peut rembourser les 80 milliards de dollars empruntés au Koweït.
- Le Koweït est très riche en pétrole.
- Le Koweït devenu irakien élargit considérablement l’accès à la mer pour Bagdad.
La réaction de la communauté internationale
L’annexion du Koweït est aussitôt condamnée par le Conseil de sécurité de l’ONU qui exige un retrait immédiat.
Deux jours plus tard, l’opération « Tempête du désert » débute par un bombardement massif des sites irakiens, doublée de trois jours de bataille terrestre qui permet la libération du Koweït.
Cette intervention a pour but :
- de faire prévaloir le droit international.
- de protéger les approvisionnements en pétrole.
- de se prémunir contre une éventuelle menace nucléaire.
La coalition menée par les États-Unis ne conduit pas au renversement de Saddam Hussein.
En 2003, les États-Unis de George W. Bush cherchent à renverser le dictateur Saddam Hussein, qu’ils accusent de détenir des armes de destruction massive. Le président américain s’appuyait sur le concept de « guerre préventive » pour attaquer l’Irak et parer à la menace des armes qui est en réalité un mensonge.
Les États-Unis n’ont pas reçu l’aval de l’ONU pour envahir l’Irak. Pourtant, les États-Unis sont entrés en Irak le 20 mars 2003, soutenus par leurs alliés comme la Grande-Bretagne, Cette invasion a abouti à la capture et l'exécution de Saddam Hussein. Un nouveau gouvernement a été mis en place.
Les États-Unis ont tenté d’instaurer la démocratie en Irak, les chiites majoritaires ont repris le pouvoir. Les sunnites de l’Ouest de l’Irak ont très mal vécu cette perte de pouvoir. Certains se sont tournés vers des organisations islamistes sunnites, dont Daech à partir de 2014. La mosaïque irakienne (ethnique et religieuse) implose.
La guerre est un phénomène complexe dont les formes ont pu évoluer au gré des circonstances, des techniques militaires, des objectifs qui lui sont assignés. Le modèle des guerres régulières développées au XVIIIe siècle s’est vu concurrencé par le modèle des guerres irrégulières. De la forme de la guerre dépend également la forme de résolution du conflit.