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FICHE 4 - VOIES D'EXÉCUTION

LES CONDITIONS DE L'EXÉCUTION FORCÉE

Les conditions relatives à la créance

A retenir :

Principe général


Pour recourir à l’exécution forcée, le créancier doit :

  • Justifier de sa qualité de créancier
  • Détenir une créance répondant à certaines conditions
  • Être muni d’un titre exécutoire


Ces exigences protègent le débiteur et encadrent l’usage de la contrainte.

La créance certaine


En principe exigée pour les voies d’exécution.

  • Particularité : pour la vente aux enchères, le Code ne vise pas explicitement la certitude.
  • L’article L.111-2 CPCE exige seulement :
  • un titre exécutoire,
  • une créance liquide et exigible.

👉 La certitude est donc implicite via le titre.


La créance liquide


La créance doit être évaluée ou déterminable.

  • Objectifs :
  • garantir la proportionnalité de la saisie,
  • éviter une indisponibilité excessive des biens du débiteur.
  • Difficultés :
  • Tant que la créance n’est pas liquide, le créancier ne peut pas agir → risque d’insolvabilité organisée.
  • Solutions :
  • Référé-provision : fixation provisoire du montant.
  • Mesures conservatoires possibles même sans liquidité.


La créance exigible


L’exigibilité = moment où le créancier peut exercer la contrainte.

  • Les mesures conservatoires sont possibles avant l’exigibilité.


Aménagements possibles :

  • Déchéance du terme (souvent prévue contractuellement).
  • Délai de grâce accordé par le juge.
  • Suspension des poursuites (max 2 ans) en cas de procédures collectives (sauf créances alimentaires).

👉 L’exigibilité déclenche l’exécution forcée, mais elle peut être reportée ou suspendue.


Les conditions relatives au titre exécutoire

Le caractère exécutoire du titre


Définition

  • Le titre exécutoire est un écrit officiel constatant une créance liquide et exigible, permettant l’exécution forcée.


Condition essentielle

  • Présence de la formule exécutoire.


Exemples :

  • Décisions de justice → expédition (copie authentique)
  • Actes notariés → grosse
  • Actes administratifs → formule spécifique

👉 Sans formule exécutoire = pas d’exécution forcée.


Le caractère provisoire de certains titres


Distinction

  • Titres définitifs → autorité de chose jugée.
  • Titres provisoires (référé, provision) → exécution possible aux risques du créancier.


Règles essentielles

  • Exécution possible même sans décision définitive.
  • Responsabilité objective du créancier si le titre est annulé.
  • Limité aux biens mobiliers (pas de vente immobilière).


Jurisprudence clé

  • Ass. plén., 24 févr. 2006 :
  • même une exécution volontaire après signification engage la responsabilité du créancier.


Pourvoi en cassation

  • Ne suspend pas l’exécution d’un titre définitif.
  • En cas d’annulation → simple restitution, sans faute.


La durée du titre exécutoire : la prescription


Titres d’origine judiciaire

  • Jugements, arrêts, PV de conciliation.
  • Interversion de prescription :
  • La créance issue du jugement se prescrit en 10 ans, alors qu'avant la décision, prescription propre à la créance.
  • = remplacement de la prescription d'origine.


Titres non judiciaires

  • Actes notariés, titres fiscaux (simple effet déclaratif).
  • Pas d’interversion : la prescription d’origine subsiste.


Les différents types de titres exécutoires

Décisions de justice et accords validés

  • Jugements, arrêts, ordonnances.
  • Transactions, conciliations et médiations homologuées.
  • Accords issus des MARD validés par le juge (2011).


Actes et jugements étrangers – Sentences arbitrales

  • Exequatur obligatoire (hors UE ou convention).
  • Nécessité d'être définitif pour les jugements étrangers hors UE ou convention (≠ refus, ≠ voie de recours)
  • Dans l’UE : reconnaissance facilitée (décision + certificat attestant du caractère exécutoire).
  • Les sentences arbitrales (uniquement droits disponibles) nécessitent aussi un exequatur.


Actes notariés

  • Actes authentiques revêtus de la formule exécutoire.
  • = rédigés par le notaire
  • Actes sous seing privé déposés et authentifiés au rang des minutes d'un notaire.
  • Divorce par consentement mutuel déjudiciarisé (depuis 2016).


Avantages

  • Rapidité (effet immédiat), efficacité, pas de juge, économique


Inconvénients

  • Anticipation imparfaite des conflits futurs.


Titres délivrés par le commissaire de justice


👉 Hypothèses limitées :

  • Chèque impayé (certificat de non-paiement).
  • 1- Refus de paiement,
  • 2- Représentation du chèque,
  • 3- Délai de 30 jours : certificat de non-paiement délivré par la banque.
  • 4- Signification par commissaire de justice, valant commandement de payer.
  • 5- Délai de 15 jours : émission d'un titre exécutoire par commissaire de justice.
  1. Recouvrement simplifié des créances < 4 000 € (accord amiable).


Titres exécutoires administratifs

  • Prérogative de puissance publique (prérogative exorbitante de droit commun = privilège de l'exécution d'office).
  • Conditions strictes :
  • débiteur identifié,
  • nature et montant de la créance précisés,
  • notification obligatoire au débiteur.
  • Répartition des rôles :
  • Ordonnateur public - signe le titre (force exécutoire)
  • Comptable public - recouvrement.
  • Preuve de la notification à la charge de l’administration.



FICHE 4 - VOIES D'EXÉCUTION

LES CONDITIONS DE L'EXÉCUTION FORCÉE

Les conditions relatives à la créance

A retenir :

Principe général


Pour recourir à l’exécution forcée, le créancier doit :

  • Justifier de sa qualité de créancier
  • Détenir une créance répondant à certaines conditions
  • Être muni d’un titre exécutoire


Ces exigences protègent le débiteur et encadrent l’usage de la contrainte.

La créance certaine


En principe exigée pour les voies d’exécution.

  • Particularité : pour la vente aux enchères, le Code ne vise pas explicitement la certitude.
  • L’article L.111-2 CPCE exige seulement :
  • un titre exécutoire,
  • une créance liquide et exigible.

👉 La certitude est donc implicite via le titre.


La créance liquide


La créance doit être évaluée ou déterminable.

  • Objectifs :
  • garantir la proportionnalité de la saisie,
  • éviter une indisponibilité excessive des biens du débiteur.
  • Difficultés :
  • Tant que la créance n’est pas liquide, le créancier ne peut pas agir → risque d’insolvabilité organisée.
  • Solutions :
  • Référé-provision : fixation provisoire du montant.
  • Mesures conservatoires possibles même sans liquidité.


La créance exigible


L’exigibilité = moment où le créancier peut exercer la contrainte.

  • Les mesures conservatoires sont possibles avant l’exigibilité.


Aménagements possibles :

  • Déchéance du terme (souvent prévue contractuellement).
  • Délai de grâce accordé par le juge.
  • Suspension des poursuites (max 2 ans) en cas de procédures collectives (sauf créances alimentaires).

👉 L’exigibilité déclenche l’exécution forcée, mais elle peut être reportée ou suspendue.


Les conditions relatives au titre exécutoire

Le caractère exécutoire du titre


Définition

  • Le titre exécutoire est un écrit officiel constatant une créance liquide et exigible, permettant l’exécution forcée.


Condition essentielle

  • Présence de la formule exécutoire.


Exemples :

  • Décisions de justice → expédition (copie authentique)
  • Actes notariés → grosse
  • Actes administratifs → formule spécifique

👉 Sans formule exécutoire = pas d’exécution forcée.


Le caractère provisoire de certains titres


Distinction

  • Titres définitifs → autorité de chose jugée.
  • Titres provisoires (référé, provision) → exécution possible aux risques du créancier.


Règles essentielles

  • Exécution possible même sans décision définitive.
  • Responsabilité objective du créancier si le titre est annulé.
  • Limité aux biens mobiliers (pas de vente immobilière).


Jurisprudence clé

  • Ass. plén., 24 févr. 2006 :
  • même une exécution volontaire après signification engage la responsabilité du créancier.


Pourvoi en cassation

  • Ne suspend pas l’exécution d’un titre définitif.
  • En cas d’annulation → simple restitution, sans faute.


La durée du titre exécutoire : la prescription


Titres d’origine judiciaire

  • Jugements, arrêts, PV de conciliation.
  • Interversion de prescription :
  • La créance issue du jugement se prescrit en 10 ans, alors qu'avant la décision, prescription propre à la créance.
  • = remplacement de la prescription d'origine.


Titres non judiciaires

  • Actes notariés, titres fiscaux (simple effet déclaratif).
  • Pas d’interversion : la prescription d’origine subsiste.


Les différents types de titres exécutoires

Décisions de justice et accords validés

  • Jugements, arrêts, ordonnances.
  • Transactions, conciliations et médiations homologuées.
  • Accords issus des MARD validés par le juge (2011).


Actes et jugements étrangers – Sentences arbitrales

  • Exequatur obligatoire (hors UE ou convention).
  • Nécessité d'être définitif pour les jugements étrangers hors UE ou convention (≠ refus, ≠ voie de recours)
  • Dans l’UE : reconnaissance facilitée (décision + certificat attestant du caractère exécutoire).
  • Les sentences arbitrales (uniquement droits disponibles) nécessitent aussi un exequatur.


Actes notariés

  • Actes authentiques revêtus de la formule exécutoire.
  • = rédigés par le notaire
  • Actes sous seing privé déposés et authentifiés au rang des minutes d'un notaire.
  • Divorce par consentement mutuel déjudiciarisé (depuis 2016).


Avantages

  • Rapidité (effet immédiat), efficacité, pas de juge, économique


Inconvénients

  • Anticipation imparfaite des conflits futurs.


Titres délivrés par le commissaire de justice


👉 Hypothèses limitées :

  • Chèque impayé (certificat de non-paiement).
  • 1- Refus de paiement,
  • 2- Représentation du chèque,
  • 3- Délai de 30 jours : certificat de non-paiement délivré par la banque.
  • 4- Signification par commissaire de justice, valant commandement de payer.
  • 5- Délai de 15 jours : émission d'un titre exécutoire par commissaire de justice.
  1. Recouvrement simplifié des créances < 4 000 € (accord amiable).


Titres exécutoires administratifs

  • Prérogative de puissance publique (prérogative exorbitante de droit commun = privilège de l'exécution d'office).
  • Conditions strictes :
  • débiteur identifié,
  • nature et montant de la créance précisés,
  • notification obligatoire au débiteur.
  • Répartition des rôles :
  • Ordonnateur public - signe le titre (force exécutoire)
  • Comptable public - recouvrement.
  • Preuve de la notification à la charge de l’administration.