La créance certaine
En principe exigée pour les voies d’exécution.
- Particularité : pour la vente aux enchères, le Code ne vise pas explicitement la certitude.
- L’article L.111-2 CPCE exige seulement :
- un titre exécutoire,
- une créance liquide et exigible.
La certitude est donc implicite via le titre.
La créance liquide
La créance doit être évaluée ou déterminable.
- Objectifs :
- garantir la proportionnalité de la saisie,
- éviter une indisponibilité excessive des biens du débiteur.
- Difficultés :
- Tant que la créance n’est pas liquide, le créancier ne peut pas agir → risque d’insolvabilité organisée.
- Solutions :
- Référé-provision : fixation provisoire du montant.
- Mesures conservatoires possibles même sans liquidité.
La créance exigible
L’exigibilité = moment où le créancier peut exercer la contrainte.
- Les mesures conservatoires sont possibles avant l’exigibilité.
Aménagements possibles :
- Déchéance du terme (souvent prévue contractuellement).
- Délai de grâce accordé par le juge.
- Suspension des poursuites (max 2 ans) en cas de procédures collectives (sauf créances alimentaires).
L’exigibilité déclenche l’exécution forcée, mais elle peut être reportée ou suspendue.
Le caractère exécutoire du titre
Définition
- Le titre exécutoire est un écrit officiel constatant une créance liquide et exigible, permettant l’exécution forcée.
Condition essentielle
- Présence de la formule exécutoire.
Exemples :
- Décisions de justice → expédition (copie authentique)
- Actes notariés → grosse
- Actes administratifs → formule spécifique
Sans formule exécutoire = pas d’exécution forcée.
Le caractère provisoire de certains titres
Distinction
- Titres définitifs → autorité de chose jugée.
- Titres provisoires (référé, provision) → exécution possible aux risques du créancier.
Règles essentielles
- Exécution possible même sans décision définitive.
- Responsabilité objective du créancier si le titre est annulé.
- Limité aux biens mobiliers (pas de vente immobilière).
Jurisprudence clé
- Ass. plén., 24 févr. 2006 :
- même une exécution volontaire après signification engage la responsabilité du créancier.
Pourvoi en cassation
- Ne suspend pas l’exécution d’un titre définitif.
- En cas d’annulation → simple restitution, sans faute.
La durée du titre exécutoire : la prescription
Titres d’origine judiciaire
- Jugements, arrêts, PV de conciliation.
- Interversion de prescription :
- La créance issue du jugement se prescrit en 10 ans, alors qu'avant la décision, prescription propre à la créance.
- = remplacement de la prescription d'origine.
Titres non judiciaires
- Actes notariés, titres fiscaux (simple effet déclaratif).
- Pas d’interversion : la prescription d’origine subsiste.
Décisions de justice et accords validés
- Jugements, arrêts, ordonnances.
- Transactions, conciliations et médiations homologuées.
- Accords issus des MARD validés par le juge (2011).
Actes et jugements étrangers – Sentences arbitrales
- Exequatur obligatoire (hors UE ou convention).
- Nécessité d'être définitif pour les jugements étrangers hors UE ou convention (≠ refus, ≠ voie de recours)
- Dans l’UE : reconnaissance facilitée (décision + certificat attestant du caractère exécutoire).
- Les sentences arbitrales (uniquement droits disponibles) nécessitent aussi un exequatur.
Actes notariés
- Actes authentiques revêtus de la formule exécutoire.
- = rédigés par le notaire
- Actes sous seing privé déposés et authentifiés au rang des minutes d'un notaire.
- Divorce par consentement mutuel déjudiciarisé (depuis 2016).
Avantages
- Rapidité (effet immédiat), efficacité, pas de juge, économique
Inconvénients
- Anticipation imparfaite des conflits futurs.
Titres délivrés par le commissaire de justice
Hypothèses limitées :
- Chèque impayé (certificat de non-paiement).
- 1- Refus de paiement,
- 2- Représentation du chèque,
- 3- Délai de 30 jours : certificat de non-paiement délivré par la banque.
- 4- Signification par commissaire de justice, valant commandement de payer.
- 5- Délai de 15 jours : émission d'un titre exécutoire par commissaire de justice.
- Recouvrement simplifié des créances < 4 000 € (accord amiable).
Titres exécutoires administratifs
- Prérogative de puissance publique (prérogative exorbitante de droit commun = privilège de l'exécution d'office).
- Conditions strictes :
- débiteur identifié,
- nature et montant de la créance précisés,
- notification obligatoire au débiteur.
- Répartition des rôles :
- Ordonnateur public - signe le titre (force exécutoire)
- Comptable public - recouvrement.
- Preuve de la notification à la charge de l’administration.