La douleur chronique est une douleur qui dure longtemps, au-delà de la période normale de guérison, et qui peut s'intensifier. Elle est considérée comme une maladie à part entière, ayant un impact important sur la vie quotidienne et pouvant entraîner des incapacités.
Maladie chronique
Maladie de longue durée, évolutive, avec un retentissement sur la vie quotidienne. Elle peut générer des incapacités ou des complications graves (OMS).
Douleur chronique
Dysfonctionnement sensoriel qui prolonge et intensifie la sensation de douleur, souvent liée à des lésions nerveuses.
Nociception
Processus neurologique de détection et de transmission des stimuli potentiellement nocifs (douleur) vers le cerveau.
Arthrose
Maladie dégénérative qui affecte les articulations, entraînant la dégradation du cartilage et des tissus environnants.
I. Comprendre la douleur chronique 
Une maladie est dite chronique si elle a une cause organique ou psychologique, dure plusieurs mois (souvent plus de 3 à 6 mois), et affecte la vie quotidienne. Cela peut se traduire par une limitation des activités, une dépendance aux traitements ou aux professionnels de santé.
Impact sur la santé publique 
La douleur chronique est un problème de santé majeur. En France, en 2012, 37% des plus de 15 ans (19 millions de personnes) souffraient d'une maladie chronique, et 68% d'entre eux (13 millions) avaient une limitation dans leur vie quotidienne. Chez les animaux, l'arthrose touche 70% des chiens de plus de 8 ans et 90% des chats de plus de 12 ans, mais elle est souvent sous-diagnostiquée.
II. La physiopathologie de la douleur 
Le chemin de la douleur (Nociception) 
La douleur est perçue grâce à un processus complexe. D'abord, une lésion ou une inflammation déclenche la transduction, où les neurones afférents primaires (fibres Aδ et C) transmettent le signal. Ce signal remonte ensuite la moelle épinière (voie spinothalamique) jusqu'au cerveau, passant par le bulbe rachidien, le mésencéphale et le thalamus, avant d'atteindre le cortex où la perception de la douleur a lieu. Le thalamus et le cortex gèrent l'émotion et la discrimination de la douleur.
Schéma de la physiopathologie de la douleur
Les systèmes de contrôle de la douleur 
Le corps possède des systèmes de contrôle pour moduler la douleur. Des voies descendantes inhibitrices, utilisant des neurotransmetteurs comme la sérotonine (5-HT), l'enképhaline et la noradrénaline, peuvent freiner la transmission du signal douloureux. La stimulation des fibres tactiles, la libération de neurotransmetteurs dans le tronc cérébral, la conscience et l'émotion peuvent influencer ces freins.
Quand la douleur s'emballe 
Parfois, les mécanismes de la douleur s'emballent. Cela peut être dû à un excès de nociception (douleur inflammatoire), à des douleurs neuropathiques (lésions des fibres nerveuses) ou à un dysfonctionnement des freins naturels. La douleur chronique est un dysfonctionnement sensoriel qui prolonge et intensifie la sensation de douleur, souvent liée à des compressions ou lésions nerveuses. Elle peut s'amplifier biochimiquement et devenir plus difficile à gérer si elle évolue vers une composante cellulaire neuropathique.
III. Évaluer la douleur chez les mammifères 
Spécificités de l'évaluation 
Bien que les mécanismes de nociception soient les mêmes chez tous les mammifères, l'expression de la douleur peut varier. L'évaluation nécessite donc un diagnostic spécifique à chaque individu et au thérapeute.
Les composantes de la douleur 
La douleur n'est pas qu'une sensation physique. Elle a plusieurs composantes :
- Sensori-discriminative : la capacité à sentir la douleur dans son corps.
- Émotive : la souffrance liée au cœur, le ressenti émotionnel.
- Cognitive : la souffrance liée à la tête, la capacité à donner un sens à la douleur.
- Comportementale : l'expression de la douleur par les gestes, les mouvements et les réactions du corps.
Les différentes composantes de la douleur
Outils d'évaluation de la douleur 
Pour évaluer la douleur, on utilise divers outils :
- Signes cliniques qualitatifs : observation de la boiterie, de la perte d'appétit, du refus de se lever.
- Tests de sensibilité quantitatifs : mesures objectives comme l'accéléromètre ou le report de poids.
- Grilles d'évaluation : échelles spécifiques comme Dolodog, Dolocat, Dolorabbit, ou la Feline Grimace Scale.
Exemple : L'échelle de grimace féline 
La Feline Grimace Scale est une grille d'évaluation qui observe cinq unités d'action (AU) chez le chat : la position des oreilles, le resserrement orbital, la tension du museau, la position des vibrisses et la position de la tête. Chaque AU est notée de 0 à 2. Un score final supérieur ou égal à 4/10 suggère la nécessité d'une analgésie.
Exemple de la Feline Grimace Scale pour l'évaluation de la douleur chez le chat
A retenir :
En résumé : Évaluation de la douleur chronique
- La douleur chronique est une maladie de longue durée qui impacte fortement la vie quotidienne.
- Elle est due à un dysfonctionnement sensoriel qui prolonge et intensifie la sensation de douleur.
- Les mécanismes de la douleur (nociception) sont similaires chez tous les mammifères, mais leur expression varie.
- La physiopathologie de la douleur implique la transduction du signal, sa transmission et sa perception dans le cerveau, avec des systèmes de modulation.
- L'évaluation de la douleur utilise des signes cliniques (boiterie, perte d'appétit), des tests quantitatifs (accéléromètre) et des grilles spécifiques (Feline Grimace Scale).
- La douleur chronique est un problème de santé publique important, souvent sous-diagnostiqué chez les animaux.
