Les épidémies émergentes peuvent résulter de l'apparition de nouveaux agents pathogènes (bactéries, virus, parasites) ou de modifications d'agents existants, ainsi que de maladies précédemment contrôlées par la vaccination, qui resurgissent en raison d'une diminution de l'immunité collective.
Ces maladies peuvent se propager rapidement en raison de facteurs tels que les changements environnementaux, l'augmentation de la mobilité internationale et des systèmes de surveillance sanitaire parfois insuffisants (OMS).
Définition
Soins de santé :
Nécessité de mobiliser des ressources pour le dépistage, le traitement et
la prise en charge des patients, souvent dans des zones déjà en tension.
Surveillance :
Les épidémies émergentes nécessitent un renforcement de la
surveillance épidémiologique pour détecter précocement les nouveaux cas et limiter
leur propagation.
Prévention :
Adaptation des campagnes de vaccination et de sensibilisation pour contrer
la réémergence de certaines maladies comme la coqueluche et limiter les impacts des
épidémies.
Ressources sanitaires :
La gestion de ces épidémies peut mettre à rude épreuve le
système de santé, en termes de coûts et de mobilisation de personnel, en particulier
pour les maladies qui nécessitent des campagnes de vaccination de rattrapage ou
des mesures de lutte contre les vecteurs.
Les changements climatiques jouent un rôle clé dans la propagation des épidémies émergentes en modifiant les conditions de vie des agents pathogènes et de leurs vecteurs :
- Réchauffement climatique : L'augmentation des températures favorise la prolifération des moustiques, notamment *Aedes aegypti* et *Aedes albopictus*, qui transmettent des maladies telles que la dengue, le chikungunya et le Zika.
- Dans les climats chauds, les moustiques se reproduisent plus rapidement et survivent plus longtemps, ce qui accroît les risques de transmission.
- Influence des précipitations : L'augmentation des précipitations, en particulier pendant les mois d'été, crée des zones d'eau stagnante propices à la reproduction des moustiques.
- Ces conditions augmentent le risque d'épidémies dans des régions où ces maladies étaient auparavant rares ou absentes.
- Extension géographique des vecteurs : Les moustiques peuvent désormais survivre dans des zones plus tempérées, élargissant ainsi leur présence en France, notamment dans le sud, mais aussi dans certaines régions plus au nord.
Les déplacements de populations, que ce soit pour le tourisme, le travail ou d'autres raisons, facilitent la propagation des maladies.
- Importation de maladies : Les voyageurs infectés peuvent introduire des maladies, comme la dengue ou le chikungunya, en revenant de zones endémiques.
- Mobilité animale : Des maladies comme la grippe aviaire peuvent aussi être propagées par les oiseaux migrateurs.
- Transmission rapide : Les déplacements rapides rendent difficile la détection des infections, notamment chez les porteurs asymptomatiques, compliquant ainsi les mesures de quarantaine.
- Exemple : La COVID-19, qui s'est propagée rapidement à l'échelle mondiale grâce aux mouvements internationaux.
L’augmentation de la résistance aux antibiotiques et la baisse de la couverture vaccinale favorisent le retour de maladies.
- Immunité collective en déclin : La diminution de la couverture vaccinale, souvent liée à l’hésitation vaccinale, entraîne la réapparition de maladies comme la coqueluche. Une faible vaccination permet à des maladies contrôlées de se propager à nouveau.
- Résistance aux antibiotiques : L’usage excessif ou inadéquat des antibiotiques renforce la résistance bactérienne, compliquant le traitement d’infections. Par exemple, la tuberculose multi-résistante constitue une menace croissante, particulièrement dans les zones où le contrôle est insuffisant.
Les autorités sanitaires doivent promouvoir la vaccination pour l'immunité collective et contrôler l'usage des antibiotiques pour éviter la résistance.
Cela passe par des campagnes d'information, des politiques de santé publique et une collaboration internationale sur les souches résistantes et les recommandations.
La surveillance épidémiologique en France est essentielle pour prévenir les épidémies émergentes :
- Santé publique France : surveille en temps réel les maladies infectieuses et collecte des données sur les agents pathogènes, permettant une détection précoce et une réponse rapide.
- Déclaration obligatoire : Certaines maladies (dengue, chikungunya, coqueluche) doivent être signalées par les médecins et laboratoires, ce qui aide à suivre leur évolution, identifier les foyers et organiser des interventions ciblées.