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Post-Bac
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Chapitre 3- Ethique et politique

Ethique

Ethique et politique


Trois théories éthiques qui ont une portée politique importante

I- Le politique fondé sur des principes utilitaristes: J.BENTHAM

Pour BENTHAM, conception d'une éthique politique:


Le législateur juste et impartial, a pour rôle de maximiser le bonheur collectif sans prioriser un individu ou un groupe par rapport à un autre


Droits essentiels et devoirs essentiels:

  • droits essentiels: poursuivre le bonheur
  • devoirs essentiels: ne pas nuire au bonheur de l'autre


Conception d'ordre démocratique, égale considération des intérêts, tous les intérêts se valent, ceux du roi pas plus qu'un autre.


En revanche, il défend la punition en cas de violation de la loi.

Punition à la hauteur du bonheur ressenti lors du crime


deux buts de punir:

  • Le déplaisir du criminel
  • le léger plaisir des citoyens constatent qu'un Etat de droits les protèges.


(la dissuasion, le sentiment de sécurité, la réhabilitation des criminels ou à défaut leur neutralisation temporaire…)


Mill ajoute la précision sur le degré d'intervention possible de l'Etat.

=> seulement pour empêcher les individus de nuire à autrui mais ne doit pas dicter sa conduite à quelqu'un ne causant aucun dommage, quand bien même ce serait pour son bien

II- le politique fondé sur des principes déontologistes: J.RAWLS

Morale déontologique: Thomas HOBBES, Jean-jacques ROUSSEAU, John LOCKES, Immanuel KANT, John RAWLS

RAWLS participe au courant déontologique


ouvrage "A theory of justice" de 1971 = Contrat social revisité

(Contrat social: Théorie où l'individu sort de l'Etat de nature pour s'organiser en société civile, c'est une abstraction qui explique les principes du vivre-ensemble)


Une nouvelle fondation de la justice sociale qui tient compte des inégalités.

l'entrée en société s'accompagne de contrainte pour que les individus s'entendent sur une répartition juste des bénéfices de la coopération.


Cette négociation de l'organisation sociale doit être menée de façon éthique selon deux présupposés inscrit dans une perspective déontologique:

  • les négociateurs ont un sens de la justice, de donner des principes d'y obéir et d'y être responsable
  • les négociateurs adoptent un point de vue impartial, un point de vue de la raison


(conception kantienne de la personne autonome)


Rawls imagine un dispositif ingénieux pour inciter à négocier:


les premières négociations, portent sur ce qui concerne l'ensemble des individus:

'les biens sociaux premiers"

  • les libertés de base (liberté de pensée, de religion, d'expression... )
  • les libertés de choix et de mouvements en matière d'emploi
  • les pouvoirs et les prérogatives associées à chaque emploi
  • le revenu
  • les bases sociales du respect de soi


Pour être impartiale, ils sont sous un voile d'ignorance (ne sachant pas leur place dans la société, ils vont négocier au mieux pour tous)


En ce qui concerne la négociation sur la redistribution des richesses produites, deux principes de justice:

  • le principe d'égalité des chance: les individus ont la même chances d'accéder aux fonctions qui procurent des avantages (enseignement de qualité, gratuit et obligatoire) sans discrimination
  • le principe de différence: société tolère une différences de richesse si elles permet d'améliorer la position des plus désavantagés. (taxation des plus riches pour aider les plus pauvres)


La justice qui émergera de la négociation sera une justice comme équité


D'après RAWLS, les biens premiers sociaux (les libertés et droits fondamentaux) sont le socle de la justice sociale et ne peuvent être remis en cause par les principes. Autrement dit, aucune redistribution des richesses ne permet de justifier le viole d'un droit fondamentale.


L'Etat est limité par certaine règles éthique, sans exceptions possibles.

III- Le politique fondé sur des principes relevant de l'éthique de la vertu: A.SEN

Amartya SEN: économiste et philosophe

Prix NOBEL d'économie en 1998 pour ses travaux sur l'économie du bien-être


Critique l'utilitarisme. Conçoit le bien-être en termes de liberté et non bonheur.


Chez SEN, le bien-être est défini de façon objective et non subjective comme chez les utilitaristes.


D'après SEN, la liberté se pense en termes de capabilités, c'est à dire les possibilités de choisir entre diverses combinaisons de fonctionnements.


Capabilité: Néologisme pour dire les possibilités de choisir selon les ressources internes personnelles et les ressources environnement social.

Fonctionnements: ce qu'une personne peut faire à partir de ce qu'elle possède.


SEN se démarque de RAWLS, il considère que la négociation des biens premiers sociaux sont génératrice de justice que sous le voile d'ignorance, dans le monde réel, elle est insuffisante pour assurer la justice.


La société juste doit pas assurer seulement l'égalité de droits mais aussi s'assurer que les individus jouissent d'une liberté effective égale à accomplir certains acte (ex: l'accès aux études pour les personnes handicapées)


Selon SEN, l'éthique sociale consiste à égaliser les capabilités de base des individus par des obligations concrètes pour l'Etat:

  • Evaluer non pas en termes de revenus ou de biens premiers mais en termes de capacité des individus à convertir ces revenus en libertés effectives
  • L'Etat doit fournir un environnement social pour exercer leur liberté effective (ex: accès à l'éducation pour les handicapés)


Lien de SEN avec l'éthique de vertu:  C’est que l’éthique sociale de Sen est bien centrée sur la réalisation des potentiels humains dans un certain épanouissement de soi.


Martha NUSSBAUM distingue 10 capabilités centrales:

  • La vie
  • la santé du corps
  • l'intégrité du corps
  • le développement de la pensée
  • les émotions notamment ne pas être contraint par la peur et l'angoisse
  • la participation à la réflexion sur l'organisation de sa propre vie
  • les affiliations
  • le contact avec la nature
  • le jeu et le contrôle de son environnement

IV- Bilan du chapitre Ethique et Politique

Il est difficile de penser quelque sujet politique que ce soit sans qu’intervienne, ne serait-ce que par défaut, la question éthique. Nous avons examiné les fondements éthiques des sociétés, nous aurions pu également utiliser les trois grandes théories éthiques pour éclairer des questions comme l’exercice quotidien du politique au sein d’un Etat de droit, nous concentrer sur un aspect particulier comme la justification du châtiment, ou encore explorer la question de la guerre juste. C’est assez dire que l’éthique est partout, dès qu’on parle de politique. Vous l’avez remarqué, le rattachement des auteurs à l’une des trois grandes théories éthique est parfois revendiqué par l’auteur lui-même (surtout quand il en est à l’origine, comme Bentham !), parfois elle a surtout été attribuée par les commentateurs postérieurs. Ce point n’est pas capital, car ce qui compte est plus de voir comment les théories éthiques guident notre compréhension des auteurs et de leurs propositions, que de juger si ces auteurs rentrent parfaitement bien dans la case « déontologisme » ou « conséquentialisme ». N’oublions pas que les « grandes étiquettes » en philosophie sont là pour soulager la pensée, pas pour la contraindre