À la fin du XVIIIe siècle, la France est la nation la plus peuplée d'Europe, mais elle est en proie à de profondes difficultés qui vont mener à la Révolution. Ces difficultés sont de plusieurs ordres : sociales, économiques, financières, politiques et intellectuelles.
Société d'ordres et inégalités : La société française est divisée en trois ordres : la noblesse et le clergé (qui sont des ordres privilégiés, ne payant pas d'impôts et ayant accès aux hautes fonctions) et le Tiers état. Ce dernier représente environ 98% de la population et regroupe des réalités très diverses : des paysans pauvres aux bourgeois fortunés. Tous ont en commun de supporter l'essentiel des impôts et des contraintes, sans bénéficier des mêmes droits que les ordres privilégiés. Cette injustice sociale est une source croissante de frustration.
Crise économique et financière : La France connaît une série de mauvaises récoltes, notamment en 1788, qui provoquent une augmentation du prix du pain et donc des famines et des révoltes. Parallèlement, le royaume est lourdement endetté, en partie à cause de sa participation à la guerre d'indépendance américaine. Les tentatives de réformes fiscales par les ministres royaux (Turgot, Necker, Calonne, Loménie de Brienne) échouent systématiquement face à l'opposition des privilégiés qui refusent de partager le fardeau fiscal.
Contestation politique et intellectuelle : La monarchie absolue est de plus en plus critiquée. Les idées des Lumières (Voltaire, Rousseau, Montesquieu) se diffusent, prônant la liberté individuelle, l'égalité devant la loi, la séparation des pouvoirs et la souveraineté du peuple. Ces idées remettent en question les fondements de l'Ancien Régime et nourrissent les aspirations à un changement politique.
