Arthrose des doigts = une des localisation arthrosiques les plus fréquentes
- Liée à l'âge : touche 15% des sujets de plus de 65ans
- Surtout les femmes. Consultent parfois pour des raisons esthétiques, mais avant tout pour problème fonctionnel pouvant être handicapant
- Terrain familial et héréditaire +++
- Peut être isolée ou associée à une ou plusieurs autres localisations arthrosiques
- En cas d'association à autre arthrose, c'est surtout l'arthrose du genou qui est retrouvée (gonarthrose)
- Atteinte la plus fréquente = articulations inter-phalangiennes distale (IPS)
Développement à bas bruit de tuméfactions nodulaires parfois douloureuses :
Evolution très lente, sur des années, voire des décennies
Atteinte des IPD : formation progressive de nodosités souvent inesthétiques, mais bien tolérés au début sur le plan fonctionnel
Atteinte des IPP : moins fréquente, plus tardive et aussi très bien tolérée au début
Rhizarthrose : douleur plus marquée dès le début de l'évolution, au niveau de la racine du pouce, irradiant vers la partie externe du poignet.
Trapézo-métacarpienne = articulation très importante sur le plan fonctionnel car responsable de l'opposition du pouce +++. Donc l'opposition du pouce peut être gênée.
L'évolution des différentes arthroses digitales est couramment :
- Très lente
- Marquée par poussées congestives douloureuses
- Qui débouchent après cinq ans chez la majorité des patients sur une stabilisation lésionnelle sans gêne fonctionnelle majeure
IPD : elle touche 70% des septuagénaires des 2 sexes
Evolution vers des déformations :
- Flessum d'une ou plusieurs articulations
- Déviations latérales en valgus ou varus
- Association des 2
Nodosités : augmentent de volume, correspondant à la formation de néoformation osseuse postérieure. Habituellement doubles, localisées de part et d'autre de l'articulation, à la face postérieure du doigt
Raideur : s'installe progressivement. Il n'y a pas de doigt en col de cygne ou en boutonnière
Douleurs : épisodes de poussées congestives qui durent quelques jours
Formes graves : rares, avec apparition de lésions érosives
Il est clinique et radiologique
Clinique :
Radiographies : mains de face
- Pincement de l'interligne
- Un ostéophytose
- Géodes sous-chondrales
- Erosions osseuses marginales (pour les forme évoluée => rare)
Des déformations vont aussi apparaître, mais moins fréquentes
- Evolution : gonflement articulaire, les nodosités vont augmenter de volume
- Nodosité plus souvent latérale que postérieures
- Raideur moins importante que pour IPD
- Apparition possible d'une désaxation articulaire
- Douleurs évoluant par poussées de quelques jours, intensité plus importante que IPD
- Pincement de l'interligne
- Ostéophytes
- Désaxation articulaire
Pour les forme très évoluée :
Stade 1 : articulation normale ou peu élargie
Stade 2 : léger pincement articulaire avec des ostéophytes inférieurs à 2mm
Stade 3 : destruction articulaire avec ostéophytes supérieurs à 2mm
Stade 4 : atteinte des 2 articulations TM et ST avec ostéophytes importants et marche d'escalier
1/ Associer traitements non médicamenteux et médicamenteux
- Orthèses pour la rhizarthrose +++
- Rééducation : maintien de la mobilité articulaire et tonicité des muscles thénariens
- Auto-rééducation : piston, rotation, opposition, manuluve
2/ Traitements médicamenteux
- Gels anti-inflammatoire (AINS)
- Antalgiques de grade 1 : paracétamol par voie orale
- AINS par voie orale uniquement à faible dose et de très courte durée
- Chondro-protecteurs par voie orale : glucosamine (CARTILAMINE)
- Action sur le moyen terme
- A condition de traitement prolongé 2 à 3 mois minimum, en cures répétées
3/ Infiltration de corticoïdes pour la rhizarthrose du pouce ou infiltration d'acide hyaluronique (visco-supplémentation)
4/ Chirurgie prothétique du pouce dans formes évoluées et handicapantes en cas d'échec des traitements conservateurs
Infiltration locale de corticoïdes
Principalement utilisée pour traitement local de la rhizarthrose douloureuse.
Consiste à injecter in situ un corticoïde, pour avoir action anti-inflammatoire locale puissante, avec pas ou peu d'effets secondaires.
Ne pas les répéter trop souvent (effet cumulatif).
Injection d'acide hyaluronique : a également été proposé dans la rhizarthrose (visco-supplémentation) SINOVIAL*, HYALGAN*...
Comparé à un stéroïde, effet identique après un mois
Mais acide hyaluronique plus efficace que corticoïde après six mois.
Il existe plusieurs types d'orthèses de pouce pour la rhizarthrose :
Orthèse élastique souple :
- Rôle proprioceptif
- Pour formes de début
Orthèse de repos semi-rigide :
- Permet le mouvement des autres articulations de la main
- Tout en assurant la contention de la TMP
- Pour formes moyennes
Orthèse de repos rigide :
- Thermoformable
- Pour formes évoluées ou très douloureuses
Réservé aux échecs des autres traitements, dans les formes sévères
Le traitement chirurgical se discute :
- Si douleurs particulièrement intenses et rebelles
- Ou si forme arthrosique exubérante à la radio
Type d'intervention : dépend de l'articulation en cause :
- Arthrodèse (fixation articulaire) : souvent proposée pour l'articulation IPD et parfois pour IPP (chez le travailleur de force). On recherche un effet antalgique, mais au prix d'une raideur définitive
- Arthroplastie (prothèse articulaire) peut être envisagée, afin de préserver la mobilité en flexion