Partielo | Créer ta fiche de révision en ligne rapidement

Histologie

Histologie: étude des tissus

Tissu: ensemble de cellules de même structure et de même fonction, associé à leurs structures de liaison

organe: structure formée de plusieurs tissus différents


  • Un tissu est une association territoriale, fonctionnelle et biologique de cellules différenciées.
  • Chaque tissu assure un rôle spécifique dans l’organisme.
  • Les espaces intercellulaires ne sont pas de simples “vides” : ils contiennent des éléments de liaison et une substance extracellulaire importante.
  • Cette substance extracellulaire peut être :
  • liquide,
  • fluide,
  • semi-solide,
  • ou solide.
  • Elle permet :
  • le contact entre cellules,
  • le soutien mécanique,
  • les échanges,
  • et parfois le déplacement cellulaire.

Lien structure–fonction

Ce principe est fondamental en histologie :

  • une cellule sécrétrice possède davantage :
  • d’appareil de Golgi,
  • de ribosomes,
  • de réticulum endoplasmique ;
  • une cellule de revêtement protecteur aura au contraire une organisation optimisée pour :
  • la cohésion,
  • la résistance,
  • l’étanchéité.

Les 4 familles de tissus

Les jonctions

Ces structures assurent :

  • la cohésion entre cellules,
  • la communication,
  • la constitution d’une couche continue..

Principaux types de jonctions

4.1 Jonctions serrées

  • Situées sous la surface apicale.
  • Empêchent le passage du contenu extérieur entre les cellules.
  • Forment une ceinture continue : zonula occludens.

Idée clinique à retenir : elles participent à l’étanchéité des muqueuses et des revêtements.

4.2 Jonctions adhérentes

  • Relient les cellules épithéliales entre elles.
  • Servent de site d’ancrage du cytosquelette.
  • Peuvent former :
  • une bande continue : zonula adherens,
  • ou un point d’ancrage : desmosome.

Les desmosomes sont particulièrement nombreux dans les épithéliums stratifiés soumis à de fortes contraintes mécaniques.

4.3 Jonctions communicantes

  • Aussi appelées gap junctions.
  • Permettent le passage :
  • d’ions,
  • de petites molécules,
  • de nutriments,
  • de signaux chimiques.
  • Participent au couplage électrique des cellules musculaires lisses et cardiaques, donc à la synchronisation des contractions.


La matrice extracellulaire

Dans les tissus conjonctifs, la matrice extracellulaire est souvent plus importante en volume que les cellules elles-mêmes. C’est l’inverse des épithéliums, où les cellules sont serrées les unes contre les autres.

Composition

La matrice extracellulaire comprend :

  • des fibres :
  • fibres de collagène,
  • fibres élastiques,
  • fibres de réticuline ;
  • une substance fondamentale riche en molécules variées.

Constituants moléculaires

  • Glycosaminoglycanes : répétition de motifs disaccharidiques, comme l’acide hyaluronique ou l’héparine.
  • Protéoglycanes : protéines portant des glycosaminoglycanes.

Fonctions

  • adhésion cellule–cellule,
  • adhésion cellule–matrice,
  • soutien mécanique,
  • diffusion de nutriments,
  • contrôle du comportement cellulaire.

Les tissus de revêtement

Les épithéliums se trouvent :

  • à la surface du corps,
  • dans les cavités corporelles internes,
  • dans les tubes et conduits,
  • au niveau des structures sécrétoires et des glandes.

Fonctions générales

  • diffusion sélective,
  • absorption,
  • sécrétion,
  • excrétion,
  • protection mécanique,
  • synthèse prot et enzymes,
  • capacité sensorielle.

Polarité

Les cellules épithéliales présentent une polarité très marquée :

  • Face apicale :
  • tournée vers la lumière ou l’extérieur,
  • spécialisée selon la fonction.
  • Face basale :
  • repose sur la membrane basale,
  • en relation avec le tissu conjonctif.

Particularités importantes

  • Les espaces intercellulaires sont très réduits.
  • La substance fondamentale y est quasi absente.
  • Les jonctions sont nombreuses.
  • Les épithéliums de revêtement sont avasculaires.
  • Leur nutrition se fait par diffusion depuis le tissu conjonctif sous-jacent.
  • Le renouvellement cellulaire est souvent rapide.

Terminologie à connaître

  • Muqueuse : revêtement des cavités en contact avec le milieu extérieur.
  • Endothélium : épithélium des cavités cardiovasculaires.
  • Mésothélium : épithélium des séreuses (pleure, péritoine, péricarde).


classification:


repose sur trois critères :

  • la forme des cellules superficielles,
  • le nombre de couches,
  • les spécialisations apicales.


Selon la forme cellulaire apicale

  • Pavimenteux : cellules aplaties
  • Cubique : hauteur voisine de la largeur
  • Prismatique : hauteur supérieure à la largeur

Selon le nombre de couches

  • Simple : une seule couche (-> diffusion, absorption, sécrétion)
  • Stratifié : plusieurs couches (-> protection)
  • Pseudostratifié : toutes les cellules touchent la base, mais pas toutes la lumière (-> protection + transport Spécialisé)


Les principaux types d’épithélium

1 Épithélium pavimenteux simple

Caractéristiques

  • Cellules aplaties et irrégulières.
  • Cytoplasme peu visible.
  • Noyaux saillants.
  • Faible activité métabolique.
  • Faible barrière à la diffusion.

Localisations et rôles

  • Alvéoles : passage des gaz
  • Vaisseaux : échanges de liquides
  • Cavités séreuses : glissement des organes.

2 Épithélium cubique simple

Caractéristiques

  • Cellules cubiques.
  • Noyau rond central.
  • Activité métabolique importante.
  • Membranes latérales visibles.

Fonctions

  • Sécrétion
  • Absorption
  • Excrétion

Exemples

  • Tubules rénaux
  • Petits canaux glandulaires
  • Certaines portions du pancréas ou des glandes salivaires.

3 Épithélium prismatique simple

Forme non ciliée

  • Cellules hautes et fines.
  • Noyaux allongés, souvent alignés.
  • Souvent présence de microvillosités.
  • Présence possible de cellules caliciformes.

Fonction

  • surtout absorption,
  • comme dans l’intestin grêle.

Forme ciliée

  • Plus rare.
  • Retrouvée notamment dans le tractus génital féminin.
  • Certaines cellules non ciliées peuvent être sécrétoires.

4 Épithélium prismatique pseudostratifié cilié

Caractéristiques

  • Noyaux à différents niveaux.
  • Toutes les cellules reposent sur la lame basale.
  • Toutes n’atteignent pas la lumière.

Localisation et fonction

  • Voies aériennes supérieures.
  • Les cils déplacent le mucus et les particules piégées.

5 Épithélium pavimenteux stratifié non kératinisé

Caractéristiques

  • Bonne résistance à l’abrasion.
  • Mauvaise résistance à la dessiccation.
  • Nécessite un milieu humide.

Localisations

  • Cavité buccale
  • Pharynx
  • Œsophage
  • Anus
  • Vagin.

6 Épithélium pavimenteux stratifié kératinisé

Caractéristiques

  • Résiste à l’abrasion,
  • à la dessiccation,
  • et à l’invasion bactérienne.
  • Couche superficielle faite de kératine acellulaire.

Exemple

  • Épiderme.

7 Épithélium cubique stratifié

  • Deux à trois couches de cellules cubiques.
  • Fonction essentiellement de revêtement solide.
  • Pas de rôle sécrétoire.

8 Épithélium transitionnel

  • Très spécialisé pour la distension et la toxicité urinaire.
  • Localisé dans les voies urinaires.
  • Nombre de couches variable selon le remplissage vésical.
  • Présence d’une crusta augmentant l’étanchéité.


Les cellules épithéliales se distinguent par :

  • leur morphologie,
  • leurs fortes interactions intercellulaires,
  • leur polarité apico-basale,
  • leur richesse en filaments,
  • leur relation étroite avec la matrice extracellulaire.

La membrane basale

La membrane basale comprend :

  • la lame basale d’origine épithéliale,
  • la lamina reticularis d’origine conjonctive.

Fonctions

  • interface entre épithélium et tissu conjonctif,
  • support mécanique,
  • barrière sélective au passage de certains éléments.

Ancrage

Les hémidesmosomes relient les cellules à la membrane basale et au tissu conjonctif.

Les spécialisations apicales

1 Absence de spécialisation

Observée dans certains canaux glandulaires ou la cornée. 

2 Cils vibratiles

  • Longueur de l’ordre de 3 à 10μm
  • Nombreux sur une cellule
  • Mouvement synchrone
  • Absents des épithéliums stratifiés.

3 Microvillosités

  • Formées par des microfilaments d’actine
  • Augmentent fortement la surface d’échange, jusqu’à environ 30 fois
  • Peuvent former une bordure en brosse lorsqu’elles sont nombreuses et ordonnées.

4 Stéréocils

  • Longues microvillosités flexibles
  • Présentes en faible nombre
  • Notamment dans l’épididyme
  • Impliquées dans la sécrétion de substances utiles aux spermatozoïdes.

5 Crusta

  • Spécifique de l’épithélium urinaire
  • Assure l’étanchéité
  • Associée à de grandes cellules superficielles, souvent binucléées.


Les glandes

Les glandes dérivent généralement d’un épithélium de surface qui s’invagine dans le tissu conjonctif.


Les glandes sont le plus souvent des invaginations épithéliales dans le tissu conjonctif. Les cellules sécrétoires constituent le parenchyme et restent séparées du tissu conjonctif par une membrane basale.


types de glandes:

  • Exocrine: vers une surface via un canal;
  • Endocrine: directement dans le sang;
  • Amphicrine: mixte;
  • Paracrine: action locale sans passage systémique


Classification des glandes exocrines

Selon leur organisation :

  • cellule isolée,
  • épithélium glandulaire,
  • glande intra-épithéliale,
  • glande extra-épithéliale.

Selon leur forme :

  • tubulaire,
  • acineuse,
  • simple,
  • ramifiée,
  • composée.

Exemples de glandes exocrines

  • Cellule caliciforme : glande unicellulaire sécrétrice de mucus.
  • Épithélium glandulaire : par exemple dans l’estomac.
  • Glande intra-épithéliale : petites invaginations des voies respiratoires.
  • Glande extra-épithéliale : unités sécrétoires distinctes dans le tissu sous-jacent.

Nature des sécrétions

  • Muqueuse : mucus riche en glycosaminoglycanes et protéoglycanes
  • Séreuse : protéines, souvent enzymes
  • Autres sécrétions spécifiques :
  • sueur,
  • sébum,
  • HCl,
  • lait.

Mécanismes de sécrétion

  • Mérocrine: exocytose, cellule intacte (très fréquent)
  • Apocrine: perte du pôle apical (certaines glandes mammaires/sudoripares
  • Holocrine: destruction cellulaire (glandes sébacées

La peau

c’est un organe à part entière, avec épithélium, tissu conjonctif, annexes, vascularisation, innervation et fonctions immunitaires.

Fonctions de la peau

  • Protection
  • Barrière imperméable
  • Synthèse de vitamine D
  • Excrétion sudorale
  • Régulation thermique
  • Surveillance du milieu extérieur
  • Défense immunitaire

1 Épiderme

Épithélium pavimenteux stratifié kératinisé. Il comporte :

  • kératinocytes : production de kératine,
  • mélanocytes : production de mélanine,
  • cellules de Langerhans : présentation antigénique,
  • disques de Merkel : mécanoréception.

2 Derme

Tissu conjonctif :

  • plus lâche superficiellement,
  • plus dense en profondeur,
  • très vascularisé et innervé,
  • contenant les annexes cutanées.

Deux couches :

  • couche papillaire : lâche, superficielle,
  • couche réticulaire : plus profonde, plus dense.

3 Hypoderme

  • Tissu conjonctivo-adipeux lâche,
  • richement vascularisé,
  • zone de transition entre peau et structures sous-jacentes.

4 Annexes cutanées

  • Glandes sudoripares eccrines : thermorégulation
  • Glandes sudoripares apocrines : régions particulières, rôle plus limité
  • Follicules pilo-sébacés
  • Glandes sébacées : sécrétion de sébum
  • Muscle arrecteur du poil
  • Ongles / sabots : structures kératinisées.

Les tissus conjonctifs

Contrairement aux épithéliums, les tissus conjonctifs ont :

  • des cellules souvent moins serrées,
  • une matrice extracellulaire abondante,
  • un rôle de soutien, de liaison et de remplissage.

Définition et composition

Le tissu conjonctif comprend :

  • substance fondamentale,
  • fibres,
  • cellules.

Substance fondamentale

  • Eau
  • Sels minéraux
  • Glycosaminoglycanes
  • Protéoglycanes
  • Consistance en gel semi-fluide transparent.

Types de fibres

  • Collagène : résistance à la traction
  • Élastiques : élasticité
  • Réticuline : maillage de soutien.

Types cellulaires

Cellules fixes

  • Fibroblastes : synthèse de la matrice extracellulaire
  • Adipocytes : stockage lipidique et métabolisme.

Cellules mobiles

  • Mastocytes
  • Macrophages
  • Plasmocytes
  • Leucocytes divers.


Classification des tissus conjonctifs

1 Mésenchyme

  • Tissu conjonctif embryonnaire
  • Cellules très mitotiques et totipotentes
  • Fines fibres de réticuline.

2 Tissu adipeux

  • Composé d’adipocytes
  • Réserve énergétique, isolation, protection mécanique
  • Blanc : stockage
  • Brun : thermorégulation.

3 Tissu conjonctif réticulé

  • Forme un réseau de soutien
  • Présent dans :
  • rate,
  • ganglions,
  • follicules lymphoïdes,
  • moelle osseuse.

4 Tissu conjonctif dense

  • Très riche en fibres, peu de cellules
  • Zones soumises aux contraintes mécaniques
  • Régulier : fibres orientées
  • Irrégulier : fibres non orientées.

Exemples :

  • tendons,
  • ligaments,
  • aponévroses,
  • derme profond.

5 Tissu conjonctif lâche

  • Tissu de remplissage interstitiel
  • Support, emballage, échanges, inflammation
  • Contient de nombreux vaisseaux.

6 Tissus conjonctifs spécialisés

  • Cartilage
  • Os
  • Sang.

Tissu cartilagineux

Le cartilage est un tissu conjonctif spécialisé à matrice semi-rigide, non vascularisé.

Composition

  • Substance fondamentale riche en glycosaminoglycanes sulfatés
  • Fibres de collagène et parfois d’élastine
  • Cellules :
  • chondroblastes,
  • chondrocytes,
  • chondroclastes.

Particularités

  • Le cartilage est non vascularisé
  • Les échanges se font par diffusion
  • Présence fréquente d’un périchondre en périphérie, sauf exceptions.

Types de cartilage

Le tissus osseux

L’os est un tissu conjonctif spécialisé calcifié, vivant, vascularisé et en remodelage permanent.

Composition

  • 50% de substances organiques
  • 50% de substances minérales, notamment hydroxyapatite et carbonate de calcium.

Cellules

  • Ostéoblastes : forment la matrice osseuse
  • Ostéocytes : entretiennent la matrice
  • Ostéoclastes : résorbent l’os.

Types d’os

  • Os fibrillaire : immature
  • Os lamellaire : mature
  • compact
  • spongieux.

Organisation

L’os compact est organisé en ostéones autour des canaux de Havers. Les canaux de Volkmann relient entre eux les systèmes vasculaires. L’os spongieux est formé de trabécules délimitant des espaces contenant moelle et vaisseaux.

Fonctions

  • soutien,
  • protection,
  • insertion musculaire,
  • homéostasie calcique,
  • hébergement de la moelle osseuse

L’ossification

L’ossification ne signifie pas seulement “durcissement” : c’est un processus cellulaire organisé de formation du tissu osseux.

Deux grands types

  • Ossification intramembraneuse
  • Ossification endochondrale.

19.1 Ossification intramembraneuse

Concerne notamment :

  • les os de la face,
  • la voûte crânienne,
  • la clavicule.

Étapes :

  • regroupement des cellules mésenchymateuses,
  • différenciation en ostéoblastes,
  • sécrétion de matière ostéoïde,
  • calcification,
  • formation de trabécules,
  • mise en place du périoste.

19.2 Ossification endochondrale

Elle remplace un modèle de cartilage hyalin par de l’os.

Étapes majeures :

  • formation du modèle cartilagineux,
  • croissance de ce modèle,
  • apparition du centre d’ossification primaire,
  • formation de la cavité médullaire,
  • apparition secondaire de centres épiphysaires.

À la fin, persistent :

  • le cartilage articulaire,
  • le cartilage de conjugaison jusqu’à l’arrêt de croissance.

Point de vigilance

Erreur classique : penser que l’os adulte est “figé”. En réalité, il reste en remodelage permanent.

Le tissu sanguin

Le sang est un tissu conjonctif spécialisé dont la matrice extracellulaire est liquide.

Composition

  • Plasma : environ 55%
  • Éléments figurés : environ 45%

Plasma

Contient :

  • eau,
  • ions,
  • protéines,
  • hormones,
  • glucose,
  • vitamines,
  • déchets.

Le plasma contribue aussi :

  • à l’équilibre osmotique,
  • au tamponnage acido-basique avec un pH autour de 7,35 à 7,45.

Fonctions du sang

  • Transport
  • Thermorégulation
  • Équilibre acido-basique
  • Coagulation.

Hématopoïèse

Production et renouvellement des cellules sanguines :

  • sac vitellin chez l’embryon,
  • foie et rate chez le fœtus,
  • moelle osseuse chez l’enfant et l’adulte selon les os concernés.


Les cellules sanguines

1 Globules rouges

  • Aussi appelés érythrocytes ou hématies
  • Transportent les gaz grâce à l’hémoglobine
  • Dépourvus de noyau et d’organites
  • Durée de vie d’environ 120 jours.

2 Plaquettes

  • Fragments cellulaires anucléés issus des mégacaryocytes
  • Impliquées dans l’hémostase
  • Participent au thrombus et à la réparation vasculaire
  • Vie d’environ 8 à 12 jours.

3 Globules blancs

Tous peuvent traverser la paroi vasculaire par diapédèse

Monocytes

  • Peuvent devenir macrophages
  • Phagocytose importante.

Lymphocytes

  • Acteurs de l’immunité spécifique.

Granulocytes neutrophiles

  • Les plus fréquents
  • Phagocytose très efficace
  • Réponse inflammatoire
  • Vie courte.

Granulocytes éosinophiles

  • Impliqués dans :
  • les parasitoses,
  • les réactions allergiques.

Granulocytes basophiles

  • Plus rares
  • Libèrent histamine et héparine
  • Rôle dans l’inflammation et l’allergie.