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CM MEDIEVAL - SÉANCE 11 : La première phase de la guerre de Cent Ans (1337-1399)

I - Les événements militaires

1) Les années d'apprentissage d’Édouard III : La guerre d'Écosse (1327-1336)

  • Édouard III, roi d'Angleterre, acquiert de l'expérience militaire lors de la guerre contre l'Écosse, ce qui lui permet de défier le roi de France.
  • En 1327, il mène une campagne contre les Écossais, mais subit une humiliation en étant attaqué de nuit sans pouvoir réagir.
  • Le traité de paix de 1328 reconnaît Robert de Bruce comme roi d'Écosse, mais les Écossais doivent payer un dédommagement et un mariage est prévu entre David, fils de Bruce, et la sœur d'Édouard III.
  • En 1331, Édouard III prend le contrôle personnel du royaume et soutient les nobles écossais déshérités, menant à la bataille de Dupplin Moor où Édouard Balliol se proclame roi d'Écosse.
  • En 1333, Édouard III assiège Berwick, remportant une victoire décisive contre une grande armée écossaise grâce à une stratégie défensive utilisant des archers.
  • La guerre contre l'Écosse permet à Édouard III de devenir un chef de guerre expérimenté, mais il commence à envisager des ambitions plus grandes, notamment revendiquer le trône de France.

2) Les débuts d’un grand conflit (1337 - 1345)

  • Édouard III revendique le trône de France, malgré sa reconnaissance de Philippe VI à Amiens, ce qui complique ses ambitions.
  • En 1338, il se rend sur le continent pour établir des alliances avec le comte de Flandre et l'empereur, lançant des attaques contre la France.
  • Malgré ses efforts, Édouard III ne parvient pas à percer les défenses françaises et doit se retirer en Angleterre après avoir pillé le nord de la France.
  • En 1341, il soutient Jean de Montfort dans la guerre civile bretonne, ce qui affaiblit la France et lui permet de maintenir une influence en Bretagne.
  • La guerre de Bretagne dure jusqu'en 1363, entraînant des ravages et une déstabilisation du royaume français.
  • Ces événements préparent le terrain pour des conflits futurs entre l'Angleterre et la France.

3) Les victoires anglaises (1346 - 1360)

  • En 1346, Édouard III lance une invasion de la France, mais la flotte française, mal préparée, ne parvient pas à intercepter les Anglais.
  • La bataille de Crécy voit une armée française mal organisée subir une défaite écrasante face à une armée anglaise bien coordonnée.
  • Après la victoire à Crécy, Édouard III s'empare de Calais, établissant une tête de pont anglaise sur le continent.
  • La peste entraîne une pause dans les hostilités, mais les tensions restent élevées avec l'arrivée du Prince Noir, fils d'Édouard III.
  • En 1356, la bataille de Poitiers se solde par une nouvelle défaite française, avec la capture du roi Jean II, exacerbant la crise de la monarchie française.
  • La captivité de Jean II entraîne des révoltes à Paris, illustrant la fragilité du pouvoir royal en France.

Contexte historique de la guerre de Cent Ans

La bataille et ses conséquences immédiates

  • Les Anglais, positionnés sur une colline, infligent de lourdes pertes aux Français grâce à leurs archers et à une charge de cavalerie gasconne.
  • Les troupes françaises, décimées, fuient et subissent de nombreuses captures, y compris le roi de France.
  • Les hérauts d’armes rapportent 2245 nobles morts et 1981 prisonniers, dont plusieurs sont rapidement libérés.
  • La captivité du roi de France entraîne une crise majeure pour la monarchie, avec des révoltes à Paris et la grande jacquerie de 1358.
  • Le régent Charles V négocie la libération de son père, accentuée par une défaite anglaise en 1360.
  • La paix de Brétigny est signée en 1360, entraînant des concessions territoriales et financières pour la France.

Les Grandes Compagnies (1360-1369)

  • Malgré la paix officielle, les troupes anglaises continuent de se rassembler en compagnies, connues sous le nom de « grandes compagnies ».
  • Ces compagnies, comme la « compagnie blanche », pillent des régions, y compris Pont-Saint-Esprit, et se battent en tant que mercenaires en Italie.
  • Les Français tentent de les payer pour qu'ils partent, mais subissent des défaites, comme à Brenière.
  • En 1365, Bertrand du Guesclin évacue les troupes anglaises du royaume, mais celles-ci continuent de piller.
  • Charles V, successeur de Jean II, finance une armée permanente à partir de 1369, malgré sa santé fragile.
  • La guerre se poursuit avec des généraux bretons à la tête des troupes françaises.

Reconquête française et retour à la paix (1369-1393)

L'armée de reconquête

  • Les troupes françaises, engagées de manière continue, forment l'une des premières armées permanentes.
  • Les généraux bretons jouent un rôle clé dans la reconquête des territoires perdus à Brétigny.
  • Les Français évitent les batailles directes et attaquent plusieurs châteaux, rendant la tâche difficile aux Anglais.
  • La reconquête est imparfaite, avec de nombreux châteaux restant hostiles aux Français.
  • Les négociations de trêves à Bruges en 1375 montrent la nécessité d'un compromis entre les deux nations.
  • La paix de 1398 marque une période de calme, bien que des tensions subsistent.

Changements dynastiques et politiques

  • La mort d'Édouard III en 1377 et la succession de Richard II entraînent des changements dans la dynamique de la guerre.
  • Charles VI, successeur de Charles V, conclut la paix avec Richard II, mais des tensions persistent en Auvergne.
  • Les traités d'évacuation en 1387 et 1390 montrent les efforts pour stabiliser la région.
  • En 1393, la paix est actée par l'Angleterre, bien que des factions continuent de se battre.
  • Les compagnies militaires se déplacent vers l'Italie, illustrant l'impact de la guerre au-delà des frontières.
  • La paix est critiquée par certains, soulignant les divisions internes en Angleterre.

Guerre et populations

Composition des armées

  • Les armées sont principalement composées de nobles et de troupes à cheval, avec une évolution de l'armement au fil du temps.
  • La mobilisation des troupes se fait par des contrats d'indenture, permettant de lever des milliers d'hommes d'armes.
  • Les archers anglais, formés depuis 1320, jouent un rôle crucial dans les batailles, utilisant des arcs longs.
  • La distinction entre écuyers et chevaliers s'estompe, et le terme « hommes d'armes » devient courant dans les années 1360.
  • Les shérifs supervisent l'entraînement et le recrutement des archers, incluant nobles et non-nobles.
  • La décentralisation de la levée de troupes reflète une évolution dans la structure militaire anglaise.

Effets directs de la guerre sur la population

  • La guerre affecte gravement la population, avec des pillages fréquents dans le nord de la France.
  • Les Français tentent de menacer le sud de l'Angleterre, mais le nord subit le plus de dévastations.
  • Les populations se réfugient dans les villes et châteaux, entraînant une urbanisation accrue.
  • La tactique de la terre brûlée de Charles V limite les batailles, mais les troupes anglaises ravagent les campagnes.
  • La peste et la famine aggravent les conditions de vie, entraînant des abandons de sites ruraux.
  • Les monastères sont également touchés, et le commerce est bloqué par la présence militaire.

Mobilisation des États et défense générale

Mise en défense des villes

  • Les villes, comme Toulouse, commencent à se fortifier dès 1347, transformant leur périphérie en zones militarisées.
  • Les fortifications utilisent principalement de la pierre, mais parfois de la terre en raison de pénuries.
  • Les fossés de défense sont souvent creusés par la population locale, impliquant les citoyens dans la défense.
  • À Avignon, les fortifications sont financées par des impôts, montrant l'importance de la fiscalité municipale.
  • Paris se dote d'une enceinte au nord, renforçant sa sécurité contre les invasions.
  • La fortification des villes est accompagnée d'une augmentation de la fiscalité pour soutenir les efforts de défense.

Mobilisation des esprits et des ressources

  • Les États mobilisent la population pour des corvées de construction et de défense des murailles.
  • Les évêques sont sollicités pour prier pour la victoire contre les Écossais et les Anglais.
  • Les célébrations des victoires renforcent le moral et la solidarité nationale.
  • La xénophobie se développe, avec des expulsions de clergé français d'origine normande.
  • Les tensions entre Français et Anglais augmentent, exacerbées par la peur d'invasions.
  • La loi salique est utilisée pour justifier les droits des Français sur le trône, renforçant les divisions.